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 A match made in heaven. (With Arcania Lawford, Malfoy Manor, september 1943)

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Isaac Lawford
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MessageSujet: A match made in heaven. (With Arcania Lawford, Malfoy Manor, september 1943)   Mar 16 Juin - 19:49

« Il faudrait toujours être amoureux, c’est pour cela qu’il ne faudrait jamais se marier ».

Je pense que quiconque me connaît avec un minimum d’intimité sait que je n’ai rien d’un amoureux des moldus, ni même d’un simple amateur passif. Dans le meilleur des cas, ils suscitent en moi la même indifférence qu’un horklup enrhumé, et, dans le pire, j’éprouve un vif désir de faire entrer ma canne en contact avec leurs dents (désir systématiquement réfréné, cela va sans dire). Ceci posé, et sans chercher à justifier pourquoi ni comment un tel processus intellectuel peut prendre forme, j’avais été contraint, par mon double emploi d’historien et d’espion, à en apprendre un peu plus sur leur façon de vivre et de penser, sur leur culture, si je voulais faire bonne figure, et force m’est d’avouer que l’étude de cette dernière s’était révélée beaucoup moins inintéressante que je m'y étais initialement attendu ; comme partout, il y avait beaucoup de mauvais, mais également une quantité non négligeable de bon à prendre. Parmi ce « bon », la lecture d’un dramaturge irlandais inverti du nom d’Oscar Wilde (lecture qui m’avait été recommandée et, il faut le dire, un peu forcée, par ma consœur sang-de-bourbienne le Pr Salmon) s’était révélée une excellente surprise. Son esprit, son humour, la justesse critique de son regard transcendaient les barrières entre sorciers et moldus pour atteindre une forme d’universalité compréhensible de tous. Attention, ne vous méprenez pas sur mon enthousiasme apparent : il restait un vulgaire moldu, et son œuvre, une parmi celles de tant de grands auteurs. Mais, en somme, j’y avais lu des choses qui m’avaient frappé par leur pertinence et, comme toujours quand je trouvais quelque sujet que ce soit digne d’intérêt, je ne pouvais m’empêcher d’y consacrer beaucoup plus de réflexion qu’il était probablement raisonnable. Mais baste, savoir et pouvoir penser par soi-même est un luxe dont nous aurions tort de ne pas profiter.

Où nous amène cette longue digression ? A la conclusion suivante : Oscar Wilde a un jour dit « il faudrait toujours être amoureux, c’est pour cela qu’il ne faudrait jamais se marier ». N’ayant jamais été marié, je n’avais encore pas pris la peine d’y réfléchir de façon sérieuse ; oh, certes, j’avais observé maintes unions arrangées entre bien-nés qui n’étaient que le produit de calculs politiques, et plus encore de mariages d’amour qui, au bout de quelques années, s’étaient achevés dans la haine la plus complète, mais tout ceci, jusqu’à récemment ne me concernait ni ne m’intéressait guère. J’avais d’autres préoccupations en tête, des préoccupations que je jugeais bien plus immédiates. Cependant, des… évènements récents… m’avaient forcé à reconsidérer mon point de vue sur la question, et à me pencher avec plus d’attention sur la maxime de Wilde. En effet, je crois pouvoir prétendre sans trop de forfanterie que ma vie avait pris, quelque temps auparavant, un tournant assez radical. Le week-end qui avait suivi la rentrée des classes de Poudlard, mon frère Jefferson m’avait invité à venir prendre un petit verre de cognac chez lui, à Faery Court, pour m’entretenir d’une « affaire d’importance ». La première chose qui me mit le botruc à l’oreille, c’est que j’étais attendu à l’entrée du manoir par Jefferson lui-même, pas par son épouse comme c’est d’ordinaire le cas. Ensuite, il alla jusqu’à me demander comment j’allais, chose qui ne se fait jamais entre nous, tant nous savons que c’est superflu : un simple coup d’œil à l’un suffit à l’autre pour voir comment il se porte. Jefferson cherchait donc à cacher quelque-chose. Enfin, en entrant dans le salon, j’eus la surprise de tomber nez-à-nez avec l’austère et pâle figure de l’honorable Arcadius Malfoy, chef de la branche principale de cette illustre famille et snob incurable réputé pour ne daigner poser ses pieds d’albâtre hors de son castel qu’en cas de force la plus majeure qui soit. En d’autres termes, il n’était pas là par hasard, et mon aîné ne m’avait pas tu sa venue sans arrière-pensée…

J’eus bien vite confirmation de mes sentiments. Enfin, en partie. Arcadius était bel et bien là pour une affaire de la plus haute importance. En revanche, la révélation de la nature de cette affaire me laissa… décontenancé. Les familles Lawford et Malfoy avaient en effet jugé que, face à la menace que représentaient la situation européenne actuelle, la montée du parti de Rhystud Murray et la disparition, ces dernières décennies, de certains des plus anciens noms de la sorcellerie britannique, l’heure était venue de mettre fin au litige qui existait depuis deux-cents ans entre nos deux lignées concernant la propriété du pavillon de chasse de Upper-Bottom, sur l’île de Wight, et de marquer notre réconciliation par l’union de nos deux lignées, ceci dans une stratégie de renforcement mutuel de l’influence de nos deux familles. Traduction : j’allais servir tous ces glorieux calculs politiques en épousant Arcania Malfoy, la fille d’Arcadius. Nos fiançailles allaient être annoncées le lendemain dans tous les journaux sorciers, et le mariage aurait lieu début novembre. Le montant de la dot ne me serait pas précisé par souci d’élégance, mais on était en mesure de me dire que j’en aurais plus à me faire de souci du point de vue matériel – non pas que ce fût le cas avant, bien évidemment, ah ah ah ! Avais-je quelque-chose à ajouter ?

Pendant un instant, un ridicule petit instant, je ne sus que répondre. De bien des façons, je savais que ce jour finirait par arriver, que l’on me marierait à l'une ou l'autre autre sang-pur pour cimenter quelque alliance financière ou soutenir tel vote au Magenmagot… Je le voyais venir depuis des années, et la perspective m'avait toujours laissé assez indifférent. Mais je dois dire qu’en cet instant, alors que je me retrouvai enfin face au fait accompli, que l’affaire était officialisée, sanctionnée… je ne pus m'empêcher d'éprouver un petit pincement au cœur. Mon sens du devoir envers ma famille est indéfectible, l’a toujours été, le sera, je l’espère, toujours… mais, précisément, cela faisait des années, des lustres, que personne n’avait eu à me dicter ma conduite de quelque façon que ce soit. J’avais toujours fait ce que j’avais à faire pour la maison Lawford, fidèlement, tranquillement, gaiement… mais je l’avais fait seul, guidé par mon expérience personnelle de la vie et du monde. Jamais Jefferson n’avait eu à me donner d’ordre, ni même de conseil. Hormis sur de rares points, nous étions d’accord en tout, et les décisions se prenaient conjointement entre nous deux. Les deux membres adultes de la branche aînée de la famille Lawford fonctionnaient par symbiose. Or, l’annonce unilatérale de mon mariage avec Arcania Malfoy signifiait la fin de cette symbiose, la fin d’une certaine forme d’indépendance. Pour la première fois, mon frère me signifiait qu’il était le seul chef. Comprenez-moi bien, je ne remettais nullement en cause sa décision, je comptais m’y plier avec diligence, d’autant qu’elle me paraissait tout à fait juste et sensée. Mais, très clairement, elle marquait la fin d’une époque, et je ne pouvais que le regretter.

Sans doute fallait-il aussi y voir un plan de Jefferson destiné à réfréner mes recherches sur la Magie Noire, lui qui les avait toujours désapprouvées parce qu'il les jugeait trop risquées ; en me collant quelqu’un sur le dos en permanence, il espérait certainement que cela m’inciterait à plus de précautions et me laisserait moins de temps pour m’y consacrer. A ce titre, le choix de celle qui allait être ma femme était intéressant : Arcania Malfoy. Elle était loin d’être une totale inconnue, pour moi, je l’avais rencontrée à plusieurs reprises, dans différents évènements mondains, réceptions, garden parties et autres bals. Une jeune femme de plaisant contact, à l’esprit vif et caustique, au langage élégant et, qui plus est, fort agréable à regarder. Cela ne devait toutefois pas masquer la réalité : Arcania était connue dans tout le monde des sang-pur pour son indépendance d’esprit jugée excessive et sa fierté mal placée qui rebutaient tous les soupirants et la rendaient à moitié ininvitable (le simple fait de prononcer son nom devant Mme Travers suffisait à réveiller la dragoncelle de cette dernière). Tel était du moins l’avis général ; pour ma part, je ne m’arrêtais pas à ce genre de détails : Arcania n’avait jamais apporté la honte à sa famille, ça me suffisait largement. Je ne peux pas dire que le fait que ce soit elle que j’allais épouser plutôt qu’une autre soulevât en moins une joie particulière, pas plus que je n’en éprouvais de désagrément. C’était simplement une information comme une autre à intégrer, une donnée supplémentaire à mémoriser, un rôle de plus à jouer. Peut-être même pourrais-je me permettre d’être moi-même de temps en temps, nous verrions bien.

Je me contentai donc, passé cet instant de surprise, d’incliner la tête et de remercier respectueusement Arcadius de l’honneur qu’il me faisait en m’offrant la main de sa fille. Permettait-il que je l’appelle père ? Naturellement, voyons. Quelques effusions plus tard, il ajouta qu’Arcania attendrait ma visite incessamment, afin que je lui présente mes plus déférents hommages. Rendez-vous fut pris pour le vendredi suivant, à l’heure du thé, juste après la fin de mes cours.

C’est ainsi qu’à 17h moins cinq minutes (les cinq minutes d’avance du gentleman) le jour venu, je me retrouvai à tirer la sonnette du portail de Malfoy Manor, dans le Wiltshire. C’était une belle journée de fin d’été, un peu fraîche, baignée d’un doux soleil. Une sorte de somnolence règnait dans l’atmosphère. Un elfe de maison vint s'enquérir de l'identité du visiteur, je lui tendis ma carte sans mot dire. Il ouvrit le portique et nous remontâmes une magnifique allée de graviers bordée d’arbres centenaires qui menait à un double-escalier de maître. Une fois celui-ci gravi, j’entrai dans le hall du manoir, une vaste pièce couverte de portraits qui me regardaient d’un air froid. Je tendis mon imperméable et mon écharpe à l’elfe, lequel m'informa d'une voix fluette que Miss Arcania m’attendait au salon. Serrant fermement le pommeau de ma canne, je franchis les vastes portes de chêne qui y conduisaient, me préparant à rencontrer, pas pour la première fois, mais tout comme, celle qui allait devenir… ma femme.

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MessageSujet: Re: A match made in heaven. (With Arcania Lawford, Malfoy Manor, september 1943)   Dim 21 Juin - 21:36

J’avais toujours considéré le mariage comme indigne de mon intérêt. Ou du moins, pas comme étant une priorité. Tout ça, ce n’était simplement pas fait pour moi et bon nombre de personnes abondaient dans mon sens. Qui aurait sérieusement voulu épouser Arcania Malfoy ? La sang-pure trop orgueilleuse et aux idées terriblement inconcevables pour une majorité de gens de la haute société sorcière. Et je ne pouvais que leur donner raison. Non. Le mariage n’avait jamais été fait pour moi. Oh bien sûr j’avais rêvé à une époque de tout ce cirque, de tous ces prétendants, de la cérémonie qui serait très certainement inoubliable – les Mafloy faisant rarement dans la sobriété sans grandiloquence – le mariage de l’année auraient dit certains journaux et puis il y aurait eu la robe. Une robe de conte de fée. Je pouvais presque apercevoir le prince sorcier qui m’enlèverait sur son beau destrier blanc. Oui. A une époque je pouvais totalement concevoir le fait de me marier. Ça coulait même presque de source. J’étais une petite fille et un jour j’allais forcément rencontrer celui qui deviendrait le père de mes enfants. J’étais jeune et naïve, que voulez-vous ! Et puis j’avais évolué et toutes ces idées de mariage s’étaient envolées au fur et à mesure que je prenais goût à ma liberté. Une liberté toutefois relative, mais une liberté quand même.  A partir de là, la parade nuptiale est devenue fade à mes yeux et je m’amusais de la cour que se livraient les paons blancs du manoir. Merlin qu’ils étaient ridicules ! Et au fur et à mesure que ma liberté se faisait de plus en plus prenante, les prétendants étaient chassés du revers de la main et les idées de mariages étaient de plus en plus reléguées en arrière-plan, comme une mauvais souvenir, un cauchemar dont il est inutile de se soucier. Je ne voulais tout simplement pas de cette vie. Je n’en veux toujours pas d’ailleurs. Me retrouver à la place de ces paons et me voir devenir une petite pouliche à bébés sang-purs, très peu pour moi. Moi je rêvais de chaudrons et d’évasion. De Rio, Kyoto ou encore Abu-Dhabi. Pas d’un mari, d’enfants et de cocktails dinatoires à animer dans notre grande propriété. Je pense n’avoir jamais autant détesté le fait d’être une sang-pure qu’à cette époque. Quand j’ai pris réellement conscience de ce qu’on attendait de moi. Et puis je suis devenue la scandaleuse Arcania et tous les petits coqs sang-purs qui prétendaient vouloir un jour m’épouser se sont enfuis la queue entre les jambes sans demander leur reste. Et moi j’ai enfin pu accomplir mes rêves, enfin jusqu’à mon retour précipité il y a de ça un peu moins d’un an. Retour qui m’amène jusque-là, dans ce salon que j’affectionne tant, un train de boire un thé le plus tranquillement du monde en compagnie de ma mère et – chose ô combien rare – de mon père au lieu de parcourir le globe. Thé absolument merveilleux soit-dit en passant. Au jasmin. Mon préféré.

J’avais toujours considéré le mariage comme indigne de mon intérêt, et ça ne changea pas cette après-midi malgré le thé exquis. La nouvelle tombe et je crois bien que je repose un peu brusquement ma tasse dans sa soucoupe. Sans bruit, mais le breuvage m’a presque échappé. Pendant un ridicule court instant, je ne réalise pas. Je pense que mon père plaisante et puis la chose m’apparaît dans toute sa splendeur. Le jour où mon père plaisantera, il gèlera en enfer. C’est diablement horrifiant que de penser que je n’ai rien vu venir. Je prends une pause, les mains légèrement tremblantes, avant de simplement hausser les épaules en acquiesçant de la tête. Comme si on m’avait réellement demandé mon avis. Je n’ai pas l’air d’être vraiment ébranlée vue de l’extérieur, mais je sens mon cœur se serrer tandis que ma respiration s’accélère légèrement. Il ne faut rien montrer, ne rien éprouver. Je suis une Mafloy et les Malfoy ne montrent pas leurs émotions. Ils ne ressentent rien et se contentent d’agir avec toute la bienséance nécessaire. Peu importe la situation.  Ça serait indigne de nous. Alors je m’efforce de relever les coins de mes lèvres en un rictus plus ou moins convaincant avant de demander plus de détails. A vrai dire je me fiche des fioritures. Ils vont me marier et la chose en soi ne demande pas d’explications. On va simplement me vendre comme une gentille petite poule sang-pure et je n’ai qu’à hocher la tête pour me déclarer la plus heureuse des femmes. Un mariage. Quel honneur après tout… Avec les Lawford qui plus est ! Et puis, « rends-toi compte Arcania, avec un mari à tes côtés tu ne seras plus jamais dans le besoin et tu auras au moins de quoi t’occuper ». Je réfrène presque désespérément un rire sarcastique de sortir devant le ridicule de la situation. Je pense sincèrement qu’un jour j’étranglerais volontiers ma mère, il n’y a qu’elle pour sortir des bêtises plus grosses qu’un dragon. Comme si j’avais jamais été un jour dans le besoin… Et comme si j’avais besoin de m’occuper ! Je m’y vois déjà… Arcania en train de masser les pieds de son gentil petit mari, Arcania en train d’organiser la soirée de l’année, Arcania en train de hurler sur les elfes de maisons qui ont eu l’outrecuidance de repasser la robe bleue de monsieur Lawford alors qu’elle avait impérativement précisé que c’était la noire ! Merlin, que ma pauvre vie d’une banalité affligeante va devenir savoureuse et palpitante d’un seul coup…

Je continue de sourire, placardant sur mon visage le plus beau rictus qu’il me soit donné de produire tout en écoutant ma mère débiter un flot impressionnant de paroles. Je perçois quelques bribes de la conversation mais je suis comme sous impero, je me contente de laisser mon corps réagir sans que mon esprit soit réellement dans cette conversation. Je pense avoir clairement décroché après « plus beau mariage que ta tante Urticaria ». Je veux dire, son mariage était si moche que ça ne sera guère compliqué de faire mieux que cela. Et puis sincèrement, qu’est-ce que ça peut me faire ? La seule chose qui m’importe réellement pour le moment, c’est de savoir que je ne partirais plus. Jamais. Je peux dire adieu à mes beaux grands voyages. Dorénavant je serai cloitrée dans ce pays de malheur. La baguette me démange et j’ai furieusement envie de jeter un sort à cette femme stupide. J’aime ma mère mais dans l’immédiat j’ai envie de lui arracher ce sourire de la figure. J’ai toujours su que le jour viendrait où il faudrait bien me plier aux exigences familiales, je pensais même y être préparée, mais force est de constater qu’une douleur sourde me dévore les entrailles en cet instant précis.

C’est trop bête. Vraiment trop bête. Non pas que l’idée du mariage me révulse particulièrement, après tout du peu que je connais de mon futur mari je n’ai pas à me plaindre, mais il faut quand même pointer le ridicule de la situation. Mes parents me destinent à épouser un inconnu et se retranchent derrière de piètres excuses telles que « c’est pour ton bien » ou encore « tu auras une vie plus que confortable » alors qu’eux et moi savons pertinemment bien que ce n’est rien d’autre qu’un vulgaire calcul. L’occasion de renouer d’anciens liens je suppose. Ce n’est pas réellement moi qui me marie, ce sont nos familles. La mort d’Henok a grandement fragilisé la nôtre et toutes ces histoires avec le gouvernement n’augurent rien de bon pour nous, il a bien fallu trouver un moyen d’asseoir notre position dans le monde d’une manière ou d’une autre. Je suppose que je ne peux pas trop me lamenter, ça doit être moi ou Abraxas et j’ai la sottise de croire que mon petit frère mérite d’ignorer la triste et cruelle réalité du monde dans lequel nous évoluons pendant un moment encore, mais tout de même… qu’il est profondément mesquin de faire passer une chose pour ce qu’elle n’est pas. Nous sommes tout de même tous de beaux hypocrites. Mes parents et leurs motivations, moi et mon sourire, les gens et leurs réactions lorsque la nouvelle paraitra dans les journaux demain. Je me demande qui sera le premier à me féliciter. Et lequel sera par conséquent le premier à goûter à ma joie doucereuse débordante de sarcasme. Que tout cela promet d’être amusant !

Ma mère semble en avoir terminé avec son babillage incessant et je me lève pour prendre congé sous le regard scrutateur de mon père. Il me signifie que mon charmant futur époux viendra me rendre visite vendredi et je me contente de répondre qu’il a plutôt intérêt à être à l’heure. Isaac Lawford. Le fameux dit époux. C’est fou, mis à part quelques détails, on ne peut pas vraiment dire que le sieur Isaac m’est familier. Il n’est pas désagréable à regarder, même un aveugle aurait pu le dire, et il est réputé pour être bon professeur. Jamais un mot plus haut que l’autre, l’un de ces sang-purs exemplaires que je ne suis visiblement pas. J’ai entendu dire qu’il a voyagé par le passé. Le plus étonnant étant sans aucun doute son métier. Enseigner l’histoire de la magie a grandement dû décevoir papa sang-pur qui devait assurément nourrir de grandes ambitions pour son fils. Ou peut-être pas finalement, si ma mémoire est bonne il me semble que le père Lawford est décédé il y a un moment de cela, peut-être n’a-t-il pas eu le temps de voir son cher fils devenir professeur. Ou peut-être que cela l’a achevé ? De toute façon je n’en ai rien à faire, au moins je vais avoir le luxe de ne pas avoir à supporter un beau-père envahissant. Je me demande quand même de quoi sera fait vendredi…

Un mardi tristement ennuyant. Pluie, pluie, pluie et encore pluie. Je suis cloitrée dans le manoir et aucune trace d’Abraxas. Je n’ai même pas pu lui faire des tresses aujourd’hui ! J’erre comme une âme en peine et termine par relire un ouvrage sur les potions. Bizarrement j’essaie de reléguer le plus possible dans un coin de ma tête que vendredi se rapproche un peu trop dangereusement. De toute façon, vendredi n’existe pas. Voilà.

Jeudi. Merlin quelle horreur. J’essaie vainement de me convaincre que cette semaine sera la semaine des quatre jeudi et qu’aucun vendredi ne pointera le bout de son nez demain, mais force est de constater que si hier nous étions mercredi et qu’avant-hier nous étions mardi, mes quatre jeudi d’affilés ne sont pas prêt d’arriver. Je songe soudain que je n’ai pas encore déterminé quelle sera ma tenue pour notre entrevue et me lève précipitamment avant de me laisser retomber sur un fauteuil. Peu importe comment je serai apprêtée demain, ce n’est pas comme si Lawford avait le luxe de refuser ma main. Je fini tout de même par me lever et me dirige comme une âme en peine vers le laboratoire de potions aménagé en sous-sol. J’ai besoin de me calmer et de m’occuper surtout. Une potion bien compliquée et mon esprit pourra enfin se concentrer sur autre chose que ce fichu rendez-vous.

Vendredi. Maudit vendredi même. Un elfe de maison est venu me tirer du lit et j’avoue lui avoir mesquinement ordonné d’aller se fracasser le crâne contre le mur le plus proche. Assez étrangement le voir se taper la tête de la sorte m’a mise dans un état de grande joie et c’est étonnement guillerette que je descend prendre le petit-déjeuner une fois apprêtée. Au final j’ai décidé que recevoir mon futur mari en robe de chambre ne serait pas des plus approprié et que ça pourrait éventuellement jeter un certain froid dans la conversation. Aussi j’ai opté pour une tenue sobre. Noire. Avec des plumes. Ça me change de d’habitude tiens… J’avale une bouchée pour repousser mon assiette aussitôt et décide d’aller faire un tour dans la propriété.  Père et mère m’ont abandonnée pour la journée, décidant que mon invité et moi-même avions besoin d’intimité. Ça me donne envie de rire. S’ils voulaient nous laisser de l’espace, aller dans l’aile ouest aurait amplement suffit mais non… non il faut toujours qu’ils fassent les choses de manière exagérée. Je décide finalement de m’installer sous un saule pleureur du parc et ne me réveille que quelques heures plus tard tandis qu’une petite main me secoue avec empressement.

Je mets un moment avant de comprendre quelles sont les raisons qui justifient un réveil aussi grossier. 17h moins quart. Je me lève d’un bon avant de marmonner à l’elfe d’escorter monsieur Lawford jusqu’au salon quand il arrivera et me dirige tant bien que mal jusqu’au dit salon. Une tasse de thé fumante m’attend et je m’assieds sur un des nombreux fauteuils de l’endroit. Une main sur un coussin. Non, un livre en main. Non, ça ne va pas ! Je change encore quelques fois de position quand la poignée de la porte tourne finalement. J’attrape ma tasse par l’anse tout en la portant à mes lèvres et la repose délicatement quand il est avéré que je ne suis plus seule, un homme se tenant debout dans la pièce. Je le toise un moment du regard, ne sachant trop comment agir.

- Isaac Lawford je présume ?

Question purement rhétorique. Evidemment qu’il est Isaac Lawford. Il n’aurait jamais pu entrer dans le cas contraire. Je m’humecte les lèvres avant de l’inviter à s’installer d’un geste de la main.

- Vous avez facilement trouvé votre chemin jusqu’ici ? Le trajet fut-il agréable ?

Je pose mon bras sur le dossier de mon fauteuil, ma main derrière la tête, tout en le jaugeant à nouveau du regard. Qu’il est perturbant d’être promise à quelqu’un dont je ne sais rien et que je n’arrive pas à cerner surtout. Je n’aime pas les gens que je n’arriver pas à cerner d’ailleurs, on a toujours l’impression qu’ils préparent un mauvais coup…

- Une tasse de thé peut-être ?

Merlin, je ne suis guère douée pour ce genre de situations. Evidemment qu’il va prendre une tasse de thé. C’est précisément pour cette raison que 17h s’appelle l’heure de thé, tout le monde boit du thé ! Mon fiancé ne doit certainement pas déroger à la règle. Je sens que ça va être un long moment à passer…

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MessageSujet: Re: A match made in heaven. (With Arcania Lawford, Malfoy Manor, september 1943)   Mar 23 Juin - 19:59

Je pénètre dans le salon. La première chose que je remarque, ce n’est pas la superbe tapisserie animée qui orne le mur du fond, ce n’est pas le lustre en verre de Murano suspendu au plafond, ce n’est même pas ma future femme assise sur le sofa au milieu de la pièce ; non, tout ce que je trouve à me dire, c’est que la pièce est baignée d’une lumière absolument magnifique, et que nous sommes remarquablement idiots de rester enfermés par ce temps.

Bon, vous vous en doutez, cela ne dure qu’un instant. Immédiatement après, je réalise le profond manque d’intérêt de cette réflexion, et mon regard est accroché par le seul élément réellement digne d’intérêt dans la place : la demoiselle qui m’attend à quelques mètres de là, installée avec une décontraction que je devine un peu forcée dans le canapé. Je me raidis (bel exploit, soit dit en passant, je suis déjà raide comme un hippogriffe sur le qui-vive), humecte rapidement mes lèvres et m’approche d’un pas que j’espère noble. Je m’arrête à un mètre d’elle et m’incline dans une révérence tendue, presque militaire. Je soulève avec délicatesse la main qu’elle me tend.

- Mademoiselle Malfoy, mes hommages, dis-je en l’effleurant de mes lèvres.

Je m’apprête à rentrer un peu plus dans les détails quand elle me coupe pour lancer un fort inattendu :

- - Isaac Lawford je présume ?

La question m’arrache un sourire. Une tension semble se briser dans l’atmosphère, comme si une chape invisible s’était soudain levée : dans ces circonstances, je m’étais attendu à tout, sauf à sentir les muscles de ma mâchoire tressauter. La surprise est… plaisante.

- Pour autant que je sache, oui, réponds-je avec une lueur malicieuse dans l’œil. Attendez, je vais vérifier, ce doit être marqué sur ma carte de visite…

Elle m’invite à m’asseoir, je m’exécute de bonne grâce. Je me sens un peu faible, j’ai peur que mes jambes peinent à me soutenir si je reste trop longtemps debout. J’ai l’impression d’être un adolescent qui se rend à son premier rendez-vous galant. Impression d’autant plus énervante que je ne l’ai encore jamais éprouvée, mon premier rendez-vous galant s’étant déroulé dans des circonstances qui ne laissaient guère place à la nervosité. Il faut dire qu’il faisait -6°.

Bref, donc, je m’assieds, soulagé de ne pas avoir à rester debout trop longtemps, tout en l’écoutant me sortir le genre de platitude que l’on entend toujours dans ces moments-là. Je ne lui en veux pas, je n’ai moi-même pas la moindre idée de ce que je vais bien pouvoir lui raconter. Elle, à tout le moins, essaie de meubler, c’est déjà une chose à mettre à son crédit.

- - Vous avez facilement trouvé votre chemin jusqu’ici ? Le trajet fut-il agréable ?

- Très agréable, je vous remercie. Mais vous savez, les lieux ne me sont pas totalement inconnus, j’étais déjà venu ici. Il y a… longtemps.

Très longtemps. Presque une autre vie. J’étais encore un enfant, un élève de Poudlard parmi tant d’autres ; mon père était  toujours vivant, je n’avais pas encore voyagé dans toute l’Europe, ni même rêvé que j’étudierais la Magie Noire sous l’égide de Grindelwald… Aujourd’hui tout cela semble si… loin. Pour ne rien arranger de cette impression d’irréalité, c’était Henok, le frère d’Arcania, qui m’avait invité ici. Henok qui, maintenant, nourrit paisiblement les vers dans le caveau de la famille, à l’autre bout du parc. Encore un vestige du passé.

Comme je sais que la mort du fils prodigue, quelques années auparavant, a constitué un choc dont la maison peine encore à se remettre, j’évite de préciser que c’était à son invitation que j’étais venu la première fois. De toute façon, Arcania est une demoiselle intelligente, elle le comprendra très bien toute seule. Avec un peu de chance, qui sait ? peut-être sera-t-elle sensible à mon attention. Dans tous les cas, je préfère ne pas courir de risque. Elle me propose du thé, j’accepte avec une nonchalance feinte. Une tasse de thé à porter à ses lèvres est l’arme ultime de qui ne sait pas comment meubler la conversation ; vues les circonstances, il me semble plus que nécessaire de garder des munitions en réserve.

Nous regardons silencieusement l’elfe rachitique verser le liquide cuivré dans une superbe tasse en porcelaine estampillé du blason des Malfoy. Je refuse son offre d’y ajouter du lait, saisis la pince à sucre, dépose délicatement un carré blanc dans la tasse, attrape d’un geste souple une cuillère en argent, touille quelques secondes, repose la cuillère en prenant soin de ne faire aucun bruit, empoigne l’anse entre le pouce et l’index, porte le contenant à ma bouche, y pose doucement les lèvres, prends garde de ne pas tomber dans le travers qui consiste à mettre le petit doigt en l’air pendant que l’on boit et fais couler le liquide dans ma gorge. Comme je suis en droit de m’y attendre de la part d’un thé servi chez les Malfoy, il est absolument délicieux, et la manœuvre me permet de gagner de précieuses secondes pendant lesquelles je n’ai pas à me demander ce que je vais bien pouvoir dire à l’étrangère assise en face de moi.

Pendant que je suis officiellement occupé à savourer le thé, et avant de me lancer dans les compliments d’usage, je prends le temps de regarder, enfin, ma fiancée sous toutes les coutures. Une chose qui est amusante, avec Arcania, c’est qu’elle est belle, immensément belle, mais quand on se tient à ses côtés, on ne s’en rend pas compte. Je ne sais pas comment l’expliquer, mais on n’y pense pas ; elle dégage quelque-chose d’autre, quelque-chose qui prend toujours le pas sur sa beauté, qui fait d’elle à la fois  plus et moins qu’un être humain, sans que ce soit péjoratif en aucune façon ; si je devais la comparer à quoi que ce soit, je dirais que, quand je suis auprès d’Arcania, j’ai l’impression de me trouver à côté d'une statue de pierre, un gisant particulièrement réussi, une oeuvre d'art dont on apprécierait autant le message qu'elle porte que son écrin. Cela ne signifie pas que je ne la considère pas comme une humaine, simplement que je la considère comme différente de tous les autres.

Pendant que je la dévisage, je me rends bien compte qu’elle est en train de faire exactement la même chose de son côté. Rien de plus normal, pour deux fiancés, que de se regarder avec une certaine curiosité, mais je sais que si je laisse la situation s’éterniser, je sombrerai dans l’incorrection. Et s’il y a une chose que l’on n’a jamais pu me reprocher, c’est bien d’être tombé dans ce travers. Je ne tiens pas à commencer aujourd’hui. Je baisse donc le regard et pose ma tasse sur sa soucoupe. Je prends le temps de passer furtivement ma serviette sur mes lèvres puis regarde à nouveau Arcania droit dans les yeux. Elle a les yeux gris de tous les Malfoy. Je ne dirais pas qu’ils sont particulièrement beaux, mais ils dégagent un certain charme, dans le genre froid et réservé. On s’y plonge, non pas comme on se lance dans une grande aventure, mais plutôt comme on s’assoit dans son fauteuil préféré, ils ne sont pas promesse de frisson et de passion, mais cela ne signifie pas qu'ils soient sans attrait ; ils portent un voile de mystère que l'on voit trop peu souvent.. Ce sont de véritables yeux d’aristocrate. Je le sais, les Lawford ont les mêmes.

- Délicieux, ce thé, dis-je d’un ton posé. Un Yunnan, je suppose ? J’achète toujours les miens chez Trincarius Boilinott, j’ai toujours trouvé qu’ils étaient les meilleurs. Qu’en pensez-vous ?

Par tous les poils de la barbe de Merlin, que c’est mauvais. Absolument pathétique. J’en suis réduit à parler de nos fournisseurs de thé respectifs avec ma future épouse. Lamentable, proprement lamentable. Je me dis que notre affaire n’est décidément pas gagnée… Dans une méritoire tentative de sauver les meubles, j’ajoute péniblement :

- Cela faisait… un moment… que ne nous étions pas vus, n’est-ce pas ? A quand remonte la dernière fois ? C’était chez les Yaxley, peut-être ?

Ce n’est pas considérablement mieux, mais au moins, nous irons plus loin en évoquant nos rares souvenirs communs que notre amour du thé. Enfin… je suppose. Peste, tout cela est mal engagé. J’avale une nouvelle gorgée de thé pour me donner une contenance.

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MessageSujet: Re: A match made in heaven. (With Arcania Lawford, Malfoy Manor, september 1943)   Dim 28 Juin - 13:53

Je sens le coin de mes lèvres tressauter et me surprend à sourire. C’est assez étrange, je n’aurais jamais pensé sourire d’entrée de jeu et en quelques mots à peine il arrive à m’arracher ce rictus que d’autres peinent tant à me faire sortir en plusieurs années… Il faut avouer que sa réponse est tout ce qu’il y a de plus inattendue et je ne l’imaginais pas à plaisanter de la sorte. Une carte de visite… J’ai presque envie de lui piquer la réplique lorsqu’on me demandera encore mon nom à l’avenir, j’arrive parfaitement à m’imaginer la tête de mes futurs interlocuteurs trop pompeux si je venais à leur dire pareille chose. Bizarrement il est assez différent de ce dont j’avais l’idée. Il me semblait me souvenir de lui comme d’un jeune homme assez inaccessible, celui qu’on regardait de loin dans les soirées sans trop oser lui parler devant la prestance qu’il dégageait mais, je me rends compte qu’il n’en est rien, il est même plutôt sympathique. Enfin autant qu’on peut l’être en cinq minutes de rencontre. C’est assez déroutant. Non pas que je le connaissais fort bien mais je dois avouer l’avoir imaginé de toutes les manières possibles sauf comme quelqu’un doué d’humour. Pour ma défense il me semble qu’il était à Serdaigle et ceux-ci ne sont guère réputés pour être des plaisantins… plutôt sympathiques comme des portes d’églises généralement.

Alors que je prends une gorgée de thé,  mon geste se crispe légèrement lorsque Isaac fait mention de sa dernière visite en ces lieux. J’avais oublié que lui et Henok se fréquentaient à un moment, je suppose que mon frère aîné l’aura invité il y a longtemps. Je suis toutefois reconnaissante à mon fiancé de ne pas en faire mention ouvertement et j’apprécie l’attention. Je suppose qu’un jour il faudra bien en parler mais pour le moment je préfère ne pas encore crever l’abcès. Nul besoin n’est de faire mention de la tragédie qui a bouleversée notre famille et il serait même assez malsain d’en discuter autour d’une tasse de thé lors de note première rencontre officielle. Il n’y a pas à dire tout de même, être promise à un Lawford comporte de nombreux avantages et leur bonne éducation en fait indéniablement partie, j’apprécie tout particulièrement la discrétion dont fait preuve Isaac.

Je repose ma tasse délicatement sur sa soucoupe, toute perdue dans mes pensées, quand je le surprends à m’observer tandis que je fais de même et une fois encore, je n’arrive à m’empêcher de sourire. Que la situation est cocasse tout de même. Nous voilà comme deux idiots à nous regarder l’un l’autre, aussi discrets que le serait un éléphant dans un magasin de porcelaine. Heureusement que notre éducation nous oblige à ne pas regarder quelqu’un plus longtemps que nécessaire sinon je pense que je lui aurais déjà troué la tête à force de le zieuter, l’analyser sous tous les rapports et le disséquer mentalement. Je me demande à quoi il peut bien penser en cet instant…

- Délicieux, ce thé, Un Yunnan, je suppose ? J’achète toujours les miens chez Trincarius Boilinott, j’ai toujours trouvé qu’ils étaient les meilleurs. Qu’en pensez-vous ?

Je me fige avant de lui sourire péniblement. Pourquoi, par Salazar, éprouve-t-il le soudain besoin de discuter thé ? Bizarrement je n’ai plus tant que ça envie de savoir à quoi il pense, peut-être que je pourrais faire comme si de rien n’était et lui proposer une balade dans le parc ? Et qui est donc ce fameux monsieur Boilinott ? Un vendeur de saveurs ? Ne pouvons-nous simplement pas parler d’un autre sujet ? Par exemple de la pluie et du beau temps. Il fait absolument magnifique aujourd’hui ! Je pourrais être intarissable sur ce sujet quand bien même il est d’une banalité affligeante. Mais de thé ? Sérieusement, de thé ?! Moi qui ne fonctionne qu’au coup de cœur dans ce domaine et qui ne pourrait distinguer un Assam d’un Darjeeling ? Par la barbe de Merlin, la chance n’est vraiment pas de mon côté !

- Oh. Eh bien je suppose. A vrai dire je n’y connais pas grand-chose. Mère se charge de tout ça depuis toujours et je n’ai guère eu le temps ou l’envie de savoir d’où venait le thé si savoureux qui se trouvait dans ma tasse depuis mon retour. Moi je me contente simplement d’en savourer les arômes divers et variés. Vous m’en voyez navrée.

Je marque une pause, assez mal à l’aise. Je me sens idiote pour le coup et mes joues doivent être aussi rouges que la chevelure d’un Weasley. Ou peut-être pas. J’espère que non. Je reprends d’une voix incertaine, peu désireuse de passer pour une pauvre écervelée devant mon futur époux, et je pense que j’ai les mains qui tremblent légèrement. J’ai l’impression de me liquéfier sur place.

- Peut-être… peut-être pourrais-je toutefois lui demander à son retour et l’accompagner la prochaine fois. Ainsi je pourrais enfin vous donner mon opinion sur la question lors d’une de nos futures rencontres.

Par Morgane, qu’il est bizarre de se dire que je vais être appelée à revoir régulièrement cet homme dont je ne sais rien dans le but de l’épouser. Et qu’il est encore plus dérangeant que de devoir lui avouer ma faiblesse en matière de thé alors que je ne lui parle réellement que depuis quelques minutes. Tout cela commence terriblement bien.

Je croise mes mains sur mes cuisses avant de lisser négligemment les plis de ma robe, tête baissée et regard perdu dans la thé. Thé que je maudis sur les trente prochaines générations et insultes de tous les noms mentalement. Pourquoi diable a-t-il fallu que je propose ce fichu breuvage ?! Et pourquoi ce fichu elfe m’a-t-il obéit ?! Je devrais le punir pour un affront pareil…

-Cela faisait… un moment… que ne nous étions pas vus, n’est-ce pas ? A quand remonte la dernière fois ? C’était chez les Yaxley, peut-être ?

Je relève la tête et le regarde avec une lueur de reconnaissance dans les yeux. Merlin merci, changeons de sujet ! Les souvenirs communs ne pourront que nous faire du bien ! Et au moins c’est un sujet que je maitrise. Je reprends contenance avant de me racler la gorge dans un « hum hum » relativement peu discret dans le silence qui nous entoure. C’est fou d’ailleurs. Ce silence. Je parie qu’on pourrait entendre le pas d’un fourmi tellement l’atmosphère est calme. Bizarrement ce n’est pas non plus un silence embarrassant, plutôt le silence de ceux qui n’ont pas grand-chose à dire. Pour le coup, ce n’est pas spécialement mieux qu’un silence embarrassant, n’avoir rien à dire à la personne destinée à partager votre vie, ça promet beaucoup de bonheur pour la suite…

- Oui en effet. Un sacré moment même. Presqu’une autre vie quand on y pense.  Peu avant votre départ pour d’autres contrées me semble-t-il et moi… je devais avoir quoi, 14… peut-être 15 ans. Merlin, tout cela ne nous rajeunit pas ! dis-je en riant.

En fait ça ne fait pas si longtemps que nous nous sommes vus quand j’y pense, mais les circonstances étaient nettement moins joyeuses. A vrai dire il me semble que la dernière fois où nous nous sommes réellement rencontrés remonte à il y a un peu plus d’un an, lors de l’enterrement d’Henok. Pour autant qu’on puisse appeler ça une rencontre. Disons plutôt que je l’ai aperçu. Mais une fois encore, rien ne sert de se souvenir de ce moment plus que déprimant. Ça ne servirait qu’à plomber l’ambiance et ce n’est guère le moment approprié pour en discuter me semble-t-il. Autant repartir vers d’autres joyeusetés comme la fête des Yaxley.

- Etait-ce pour Noël ? Ou peut-être l’anniversaire de leur petite dernière, Bathsheba ? A moins que ça n’ait été celui de son frère ? Il me faut malheureusement confesser avoir une mémoire terriblement médiocre pour ce genre d’évènements.

Il faut dire que les cocktails dinatoires et autres joyeuses fêtes de sang-purs me laissent généralement de marbre. Il n’y a rien de plus ennuyant à mes yeux que de participer à ces galas, entourée de bien plus de serpents qu’il n’y en a jamais eu à Serpentard. Alors en retenir les raisons… C’est un peu au-dessus de mes forces. Bien évidemment s’il s’agit d’une grande occasion comme un mariage ou une naissance, je m’efforce de m’en souvenir, mais les simples sauteries sont tellement nombreuses et barbantes que je préfère les effacer de ma mémoire afin de ne pas surcharger inutilement mes idées. J’ai beaucoup trop à penser pour mes recherches et mes loisirs que pour m’encombrer en plus de choses superflues et inutiles.

Un rayon de soleil vient jouer avec le reflet d’une fenêtre et mon esprit s’absente un moment, nous plongeant à nouveau dans le silence. Diantre, c’est que je commence vraiment à apprécier le silence ! A moins que ce ne soit le silence qui nous apprécie un peu trop ? Par les seins tombants de Rowena Serdaigle, que tout cela est déplaisant ! C’est idiot ! Nous sommes deux adultes à têtes pensantes et les seules choses dont nous arrivons à parler sont le thé et d’anciennes fêtes déjà oubliées. C’est affligeant, je suis sûre que nous pouvons mieux faire que cela.

- Et sinon, il paraît que vous avez voyagé durant toutes ces années où vous étiez absent. Vers quelles contrées vous ont mené vos pas ?

Toujours pathétique. Mais au moins c’était du meilleur pathétique que le pathétique de la situation jusqu’à présent. Nous n’allions jamais nous en sortir à cette allure-là…

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MessageSujet: Re: A match made in heaven. (With Arcania Lawford, Malfoy Manor, september 1943)   Lun 6 Juil - 14:29

Bon, dans notre malheur, Arcania et moi avons clairement au moins une chose en commun : nous sommes d’accord pour dire que parler de thé n’était pas la décision la plus adroite du monde ; d’autant qu’elle, contrairement à moi, ne s’y connaît de toute évidence pas du tout : elle a l’air encore plus mal à l’aise que je ne le suis. J’ai donc réussi à aborder un sujet non seulement stupide, mais également gênant pour mon interlocutrice. Compliments, Pr. Lawford. Aussi, désireux de corriger un peu le tir, quand elle propose sans conviction de se renseigner auprès de sa mère, je m’empresse de dissiper la suggestion :

- N’allez pas la déranger avec ça, ça n’en vaut pas la peine. Et n’allez pas vous déranger avec ça, ça en vaut encore moins la peine ! Je suis désolé de vous importuner avec de pareilles vétilles, je crains que la, euh… situation… ne me porte pas au sommet de ma forme…

A mon initiative, nous faisons dériver la, euh… oserai-je le terme « conversation » ? sur nous maigres expériences communes. On fait ce que l’on peut avec ce que l’on a, n’est-ce pas ? Ni elle ni moi ne jugeons opportun de souligner que c’est réellement aux obsèques d’Henok que nous nous sommes aperçus pour la dernière fois, et nous préférons partir sur le souvenir plus confortable (quoique…) d’une fête chez les Yaxley.

- Etait-ce pour Noël ? me demande-t-elle. Ou peut-être l’anniversaire de leur petite dernière, Bathsheba ? A moins que ça n’ait été celui de son frère ? Il me faut malheureusement confesser avoir une mémoire terriblement médiocre pour ce genre d’évènements.

- Vous n’êtes pas la seule, rassurez-vous, réponds-je avec un fin sourire. Je crois pouvoir dire que vous et moi n’aimons pas plus les réceptions de cinquante invités l’une que l’autre, n’est-ce pas ? Cela étant, il me semble que c’était à l’occasion des cinq ans de Bathsheba. Vous l’avez revue depuis, la pauvre ? C’est devenue une femme, à présent, mais son strabisme divergent ne l’a toujours pas quittée, j’en ai bien peur…

Un peu de médisance est toujours un bon moyen de meubler la conversation ; les Malfoy y semblent tous posséder une prédilection particulière, donc si Arcania veut dire tout le mal qu’elle pense de Bathsheda Yaxley (et il y a beaucoup à dire, croyez-moi…), elle n’a plus qu’à saisir la perche que je lui tends. Un petit compliment sur leur différence de beauté physique viendrait, le cas échéant, arrondir les angles. Magnifique. Mon optimise flanche cependant quand intervient la question suivante :

- Et sinon, il paraît que vous avez voyagé durant toutes ces années où vous étiez absent. Vers quelles contrées vous ont mené vos pas ?

Nom d’un sphinx. La jolie question à double-tranchant que voilà. D’un côté, je ne peux pas nier qu’Arcania vient de choisir un sujet de conversation infiniment plus riche et intéressant que le thé ou les Yaxely. De l’autre… j’ai mes raisons de préférer ne pas évoquer de façon trop… fouillée ... les voyages que j’ai effectués en Europe durant ma jeunesse. Des raisons d’ailleurs fort liées à la situation politique actuelle. Oh, ne vous méprenez pas, j’ai eu tout le temps de peaufiner mon récit, de l’embellir, de trouver de forts savants mensonges pour couvrir les périodes que j’ai passés en compagnie des Partisans… Je suis parfaitement rodé, ce n’est pas ça le souci, j’ai pu l’éprouver à de multiples reprises, Arcania n’est pas la première à s’enquérir de ce point. Mais en l'occurrence, ce qui me freine, c’est que, précisément, c’est à elle que je m’apprête à servir mes affabulations, à ma future femme. Je ne peux que me prendre à me demander ce que je pourrais partager avec elle et ce que je ne pourrais pas. Non pas qu’il soit question que je lui révèle mes secrets, non, pas si tôt, peut-être jamais, mais… à terme, qui sait ? Il n’est pas impossible que notre relation, plus tard, en vienne à évoluer de telle façon que… ce soit possible. Pouvoir se confier à quelqu’un... Une chose que je n’ai jamais faite. Arcania serait-elle cette personne ? Je n’en ai jamais éprouvé le besoin, je ne l’éprouve toujours pas, mais, après tout, qui peut dire comment notre… mariage… va se passer ? Et si je suis amené à le faire spontanément ? Je dois dire que la perspective m’intrigue autant qu’elle m’inquiète. Je ne sais trop qu’en penser. Pour autant que je sache, les Malfoy ont, vis-à-vis du Plus Grand Bien, une attitude à peu près similaire à celle de mon frère : une prudente et secrète bienveillance, une approbation circonspecte et silencieuse. Pas question pour eux de s’engager aussi activement que je le fais. Mais où se situe Arcania là-dedans ? Bonne question : elle est l’électron libre de sa famille, celle qui ne pense ni ne dit rien comme tout le monde. Il n’est pas dit qu’elle approuve autant Grindelwald que le fait probablement son père. Ou alors, peut-être s’en fiche-t-elle comme du bonheur de son elfe de maison ? Je n’ai pas l’intention de lui en parler, en tout cas pas avant qu’elle ait fait ses preuves, mais je ne peux m’empêcher de me demander comment les choses vont se terminer. Que se passera-t-il si elle découvre mes activités, hum… « extrascolaires » et qu’elle les désapprouve ? Elle va être amenée à partager mon intimité, mes moments les plus privés… Si une personne est susceptible de percer ce secret que j’ai si habilement défendu toutes ces années, c’est bien elle, par un simple concours de circonstances. Supposant que la situation vienne à se présenter, que conviendra-t-il de faire ? Du diable si j’en ai la moindre idée. Tout ce que je peux espérer, c’est en apprendre autant que possible sur elle plus vite qu’elle n’en apprendra sur moi. Seulement ainsi, pourrai-je juger des…mesures ...qu’il convient de prendre à son égard si jamais je me retrouvais confronté à un tel choix. Dans un sens ou dans l’autre.

Enfin passons. Pour l’heure, foin de ces réflexions, il faut palier au plus pressé. Je regarde un instant Arcania droit dans les yeux, je repose délicatement ma tasse, appuie mon dos contre le fauteuil et pousse l’audace jusqu’à croiser les jambes et joindre les deux mains sur mon ventre. Bref, je m’installe confortablement, puis je réponds avec une expression poliment détachée :

- Diantre, la liste est longue ! Êtes-vous sûre que je ne risque pas de vous embêter ? Hum, nous allons avoir une vie pour en parler en détail, donc… je vais déjà commencer par un tour d’horizon rapide, n’est-ce pas ? Voyons, j’ai donc débarqué aux Pays-Bas en 29, je suis ensuite descendu sur la Belgique, découvrir la collection de livres anciens du sieur Ulysse Poirot, puis ensuite en Allemagne… au Luxembourg… Je suis ensuite remonté sur Lübeck pendant quelque temps, un colloque sur les Guerres Centaures au XIème siècle, puis tout de suite après, la Suisse, où j’ai retrouvé un ami à moi… Ensuite, l’Autriche, Salzbourg, j’y suis resté très longuement chez le Dr. Panteleimon Schröder, un grand universitaire, puis tout les pays de l’ancien Empire Austro-Hongrois... la Pologne... la Russie… J’ai fini par m’arrêter en Finlande, au nord, et à Nizhny-Novgorod, à l’est. Un petit périple de neuf années, tout de même. J’ose affirmer que je n’ai pas chômé, pendant tout ce temps. Je ne suis pas le seul, cela étant dit. J’ai bien entendu parler de votre passion pour les potions, je trouve que c’est une excellente chose, c’est un sujet qui m’intéresse moi-même beaucoup, à titre d’amateur, disons, et… ma foi, il me semble qu’en terme de destinations exotiques, je n’aie pas grand-chose à vous remontrer !

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MessageSujet: Re: A match made in heaven. (With Arcania Lawford, Malfoy Manor, september 1943)   Lun 3 Aoû - 13:59

Je m’autorise un bref hochement de tête approbateur. Il est vrai que la situation n’est pas des plus merveilleuse… du moins pas assez que pour nous montrer sous notre meilleur jour sans… bavure. Je suis atrocement nerveuse et je me hais pour le peu d’assurance dont je fais preuve aujourd’hui. C’est tellement peu moi. Je ne suis pas ce genre de femme qui perd totalement ses moyens une fois en charmante compagnie. D’habitude ce sont les autres qui perdent leur moyens avec moi bon sang de bonsoir ! Il n’est tout de même pas si compliqué que cela de devoir converser courtoisement avec un homme. Quand bien même ledit homme deviendra un mari incessamment sous peu. Je n’ose imaginer les longues soirées au coin du feu si notre niveau de conversation relève à peine plus celui d’un groupe de trolls des montagnes. C’est affligeant. Tout bonnement affligeant. Il va sérieusement falloir que je songe à commencer le tricot à cette allure-là, ça m’épargnera l’ennui mortel d’une froide soirée d’hiver. Allons bon ! Je suis une Malfoy, je peux très certainement mieux faire que cela ! … J’ai comme l’impression de me répéter cette phrase en boucle depuis l’arrivée du charmant cadet Lawford. Pitoyable.

Un sourire mesquin vient éclairer mon visage tandis que la conversation prend une tournure médisante on ne peut plus sympathique. Je sais qu’il est sans doute cruel que de m’accrocher au physique hideux d’une pauvre fille comme à une bouée de sauvetage parce que nous manquons de conversation mais… Merlin que cela fait du bien ! Sans compter que niveau médisance je n’ai pas mon pareil ! Que voulez-vous, je peux être aussi aimable et borderline que vous voulez, dans le fond je reste une Malfoy, une sang-pure, et s’il y a bien une chose que nous autres gens de bonne naissance apprécions, c’est bien le malheur des autres. Sans compter qu’il s’agit cette fois d’une cible de choix… Bathsheba Yaxley est sans doute la femme la plus laide que je connaisse. Aussi repoussante que je suis belle. Ne pensez pas que ça soit juste de la méchanceté et de la pure arrogance de ma part.  C’est un fait. Personne ne pourra jamais vous dire le contraire. Entre son strabisme divergent, sa dentition immonde et son nez qui doit bien recouvrir la moitié de son visage… sans oublier sa jambe légèrement folle… Non vraiment, la seule chose de bien chez cette pauvre Bathsheba, c’est bien son nom. Et encore, certaines mauvaises langues pourraient vous dire qu’il ne fait guère bon d’être un Yaxley par les temps qui courent… Après tout, ils n’ont jamais caché leur admiration pour Grindelwald ces inconscients. Et croyez-moi, tout cela finira par méchamment leur retomber dessus. Non, je ne voudrais pas être une Yaxley le jour où ce bon Gellert viendra à tomber. Et il tombera. Ils tombent toujours. Le seul moyen de changer ce pays est de le pourrir de l’intérieur et non de s’y attaquer de plein front. Alors finalement c’est vrai, cette pauvre petite Bath n’a vraiment pas de chance dans la vie. Et ça voyez-vous, c’est terriblement grisant. Je compatis à son malheur. Vraiment. Une part au fond de moi ne peut s’empêcher de la plaindre sincèrement. Le problème voyez-vous, c’est que la majeure partie de mon être se délecte de son infortune parce que cela me conforte dans l’idée que ma vie – bien que misérable par certains aspects – sera toujours moins misérable que la sienne. Et ça, ça n’a pas de prix. Je pense que c’est l’unique manière de survivre dans le monde qui est le notre, comparer notre vie aux autres et constater qu’au final il peut toujours y avoir du pire.

- Si le strabisme était le seul problème dans la famille Yaxley, je suppose que leurs soirées n’auraient pas le même attrait. Après tout c’est encore pour cela que nous nous donnons la peine de nous y rendre. Parce qu’il n’y a rien de plus grisant que de les voir se tourner au ridicule. D’autant plus que le grain de folie qui habite le chef de famille depuis peu est des plus cocasses vous en conviendrez, je murmure dans un sourire moqueur.

Alors que je le regarde s’installer plus confortablement, je ne peux m’empêcher de sentir un certain… malaise dans l’air. Quoi que je n’en sois pas certaine à vrai dire, j’ai vraiment du mal à cerner le personnage d’Isaac Lawford. Il semble tellement complexe et simple à la fois. Un peu comme s’il suffisait de découvrir le déclencheur de cette complexité pour réussir à comprendre une grande partie de son esprit. Et puis il y a tout ce mystère autour de lui. Non pas que je n’aime pas le mystère, mais je l’apprécie moins quand il débarque dans ma vie du jour au lendemain en frappant à la porte pour m’épouser. Et il y a trop de mystères planant autour du cadet Lawford à mon goût.

Il me regarde droit dans les yeux, et je dois me faire violence pour soutenir son regard l’espace d’un instant. Hors de question de flancher lors de cette première rencontre. Je n’apprécie pas ça outre-mesure. Les gens qui vous regardent droit dans les yeux sont soit, des personnes tout à fait honnêtes et franches soit, les pires manipulateurs que la planète puisse porter. Je le sais, ma famille entière se regroupe dans la deuxième catégorie, et je doute par conséquent que le sieur Isaac échappe à la règle. Allez savoir pourquoi j’ai du mal à l’imaginer en personne tout à fait franche. Après tout, chaque famille a ses vilains petits secrets. Regardez-moi par exemple. Il n’y a rien en ce monde que je ne désire plus que d’avoir la tête de cette Mejssa au bout d’une pique mais pourtant si on me demande ce que je pense d’elle je sors mon plus sourire tout en plantant mon regard dans le votre avant de vous sortir qu’il ne peut exister plus charmante belle-sœur. Alors que dans ma tête il est bien clair qu’elle n’a jamais mérité cette place, qu’elle mérite plus l’appellation de petite garce croqueuse de fortunes, voir catin, et qu’un jour j’aurais sa peau. Mais au moins ledit jour où j’aurais sa peau, je pourrais pleurer ma charmante belle-sœur avec toute la dignité qu’il me sera donné et lavée de tous soupçons. Ou presque. Bref, je me méfie donc du regard des gens. Et d’autant plus de celui des beaux garçons. Ou plutôt bel homme dans le cas de mon interlocuteur. Ils ont la fâcheuse tendance à vous faire tourner la tête avant d’avoir le temps de dire « quidditch » et ensuite vous découvrez les emmerdes derrière. Mais je suppose que je peux glisser sur ce fait, après tout nous serons bientôt mari et femme et il sera encore temps pour moi d’essayer de comprendre les pensées de l’énergumène à ce moment-là.

Je m’offre un sourire poli et intéressé tout en écoutant son récit. C’est que c’est diablement fascinant tout cela bien que je ne sois pas certaine d’avoir retenu le quart de la moitié des lieux qu’il a cité. Je suis tout de même étonnée lorsqu’il mentionne son passage en Suisse, tentant de me souvenir si certains suisses figurent dans le cercle des familles qui comptent ou bien si Poudlard en comptait en son sein. Il me semble bien qu’un Poufsouffle de deux ans mon ainé était à moitié-suisse, mais j’ose espérer qu’il ne le fréquentait pas. Non pas que j’aie quelque chose contre les anciens blaireaux, mais celui-là était tout bonnement insupportable et je m’en voudrais d’avoir à l’inviter à mon mariage…

Mon intérêt s’éveille lorsqu’il mentionne la Finlande. J’étais supposée m’y rendre pour y rencontrer un sang-mêlé, Erik Adolf von Willebrand, et j’espérais sincèrement que ses recherches auraient pu aider les miennes en matière de potions régénératrices mais une fois de plus la mort de mon cher ainé est venue perturber mes plans. C’est dommage, je suis certaine que nous aurions pu faire de grandes choses lui et moi, peut-être même changer la face du monde si le temps me l’avait permis. Je sais qu’Henok n’a pas voulu mourir me tout de même… il aurait pu attendre encore quelques années cet égoïste !

- Oh et bien… Je suppose que ma passion m’a en effet menée bien loin de cher manoir. Ce qui n’est pas une si mauvaise chose en soi si vous voulez mon avis, il est d’un sinistre ! Je regrette particulièrement mon séjour au Brésil. J’y ai connu là-bas un moldu tout à fait grandiose, un certain Henrique da Rocha Lima. Remarquable biologiste entre nous, et diablement ouvert d’esprit. Je dois avouer avoir eu quelques difficultés à lui faire oublier tout de notre rencontre et de nos recherches. J’ai toujours eu du mal avec les adieux, c’est bien trop délicat quand la magie doit rester  un si grand secret mais bon, je suppose que c’est pour le mieux.

Un doux sourire vient taquiner mon visage et je ressens une brusque bouffée de nostalgie. Henrique, le grand-père gâteau que je n’ai jamais eu. La séparation m’a clairement laissé avec le cœur brisé mais qu’il est bon de se souvenir de ces moments passés ensembles. Je sens mon regard se perdre dans le vide et je me racle la gorge en papillonnant des yeux. Je ne pense pas qu’il soit de si bon ton que de ressasser mes vieux souvenirs en présence d’un invité. Je jette un coup d’œil à la fenêtre avant de reporter mon attention sur Isaac.

- Merlin tout puissant, je ne pense pas que ce thé soit suffisamment fort que pour vous infliger mes récits soporifiques et encore moins à une heure aussi indécente ! Que diriez-vous de continuer cette entrevue à l’extérieur ? Il est scandaleux que nous soyons enfermés entre ces quatre murs par un temps aussi radieux, d’autant plus que le jardin et le parc sont des plus agréables en cette période. Sauf si peut-être vous préférez l’air frais de l’intérieur ? je demande après m’être levée du fauteuil.

La vérité c’est qu’à cette allure-là je vais finir par avoir des crampes à peu près partout dans le corps et que je rêve de me dégourdir les jambes… mais ça, il n’a pas besoin de le savoir.

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Isaac Lawford
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MessageSujet: Re: A match made in heaven. (With Arcania Lawford, Malfoy Manor, september 1943)   Lun 17 Aoû - 12:00

Alors que j’écoute Arcania m’évoquer avec enthousiasme sa sympathie pour un, comment appelle-t-elle ça ? un « beau-loguiste » moldu, je me fais deux réflexions : premièrement, je comprends mieux d’où lui vient sa réputation d’infréquentabilité et pourquoi le vieil Arcadius n’a trouvé personne de mieux que le cadet Lawford pour l’épouser. Deuxièmement, je me demande si elle est sérieuse ou si elle a beaucoup d’humour et qu’elle essaie de me faire tourner en troll. A moins qu’elle ne soit très sérieuse et qu’elle essaie quand même de me faire tourner en troll… Hypothèse intéressante, tiens, je la note.

En tout cas, soit ma future femme est très officiellement une amoureuse des moldus, soit elle cache très bien son jeu. Je mentirais si je prétendais que la nouvelle m’enchante, mais baste ! je saurai bien faire avec, ce n’est pas comme si je n’avais pas l’habitude de composer quotidiennement avec des traîtres à leur sang et de faire des sourires hypocrites aux sang-de-bourbe. J’en suis arrivé à un stade où leur présence a cessé de me dégoûter ; désormais, elle se contente juste de m’ennuyer profondément, ce qui, je le suppose, constitue une amélioration… Enfin bon, tant qu’Arcania ne me demande pas de recevoir des facteurs ou des femmes de ménage (des femmes de ménage, vous vous rendez compte ? Alors qu’il y a des elfes pour cela !) à ma table toutes les semaines, tout devrait bien se passer. En revanche, je ne peux m’empêcher de me demander si, indépendamment du fait qu’il soit moldu, Arcania n’éprouve pas un peu plus que de l’amitié pour ce senhor da Rocha Lima. C’est peut-être un relent de paranoïa de mon activité d’espion, mais quand je vois uen personne parler d’une autre avec des étoiles dans les yeux… je ne peux m’empêcher de me poser des questions. Or, là, l’affaire est d’importance : je me doute bien que ma promise a dû connaître quelques amourettes dans le passé, à nos âges, le contraire serait inquiétant, mais si elle est tombée amoureuse d’un moldu, là… ma tolérance a des limites, et je ne pardonnerai pas si facilement au vieux Malfoy de m’avoir jeté dans ce guêpier ! Dans tous les cas, il faut que j’approfondisse la question.

- Pour le mieux, oui… répétai-je d’une voix douce en contemplant les reflets ambrés de mon thé. Que vous dire ? Il faut bien protéger le secret magique, je suis bien placé pour vous dire qu’au cours de l’Histoire, toutes les tentatives de conciliation entre les deux mondes ont été vouées à l’échec. Trop de… trop d’ambition, trop d’arrogance. D’un côté comme de l’autre, m’empressé-je d’ajouter pour l’assurer de mon impartialité. Cela étant, je comprends vos sentiments, ce n’est jamais facile, de se séparer de plein gré d’un ami. Surtout un si bon ami. Vous étiez très proches ?

Je ne peux guère prétendre que l’approche soit particulièrement subtile, en fait, elle doit même se voir comme un dragon au milieu de niffleurs, mais c’est calculé : après tout, je suis un futur mari qui cherche à en apprendre plus sur son épouse ! Je veux qu’elle comprenne que je m’intéresse à elle, à son passé, à qui elle a connu ; ressentir une pointe de jalousie chez le partenaire peut flatter mieux que n’importe quel compliment. Au pire, elle me trouvera juste curieux, voire un peu pesant. La chose me gênerait si nos relations étaient autres que celles de deux parfaits inconnus, mais là… je vois mal comment elles pourraient descendre plus bas. Et puis je suis d’un naturel inquisiteur, c’est un défaut que je n’ai jamais pu totalement maîtriser. Pourtant, mon… confort moral... nécessiterait peut-être que je ne cherche pas à en savoir davantage sur ce brésilien : qui sait si je ne suis pas sur le point d’entendre (ou, en tout cas, de deviner) une vérité désagréable ? Mais la curiosité l’emporte sur la prudence et la discrétion. Je me fais brièvement la réflexion que le Choixpeau ne s’est décidément pas trompé en m’expédiant à Serdaigle.

Mais voilà qu’Arcania, visiblement émue par cette évocation de son passé, tourne la tête vers la fenêtre et change brusquement de sujet. Elle me propose d’aller faire un tour dans le parc.

- Il est scandaleux que nous soyons enfermés entre ces quatre murs par un temps aussi radieux, d’autant plus que le jardin et le parc sont des plus agréables en cette période. Sauf si ,peut-être, vous préférez l’air frais de l’intérieur ?

- Oh, non, vous avez tout à fait raison, ce serait une terrible faute de goût que de ne pas profiter de cette radieuse journée ! m'exclamé-je, heureux de la proposition. Or, vous et moi ne sommes surtout pas là pour commettre des fautes de goût, n’est-ce pas ? ajouté-je avec un petit sourire. Ce serait même plutôt l’inverse…

Nous sortons (elle la première, cela va sans dire) dans l’air doux de cette fin d’après-midi. J’ai eu une semaine éprouvante, mes troisième année m'ont rendu des copies particulièrement lamentables sur la colonisation magique au XIXème siècle, Slughorn m'a invité trois fois à finir des bouteilles d'hydromel avec lui, aussi est-ce avec une gratitude non-feinte que j’accueille ce moment de détente dans un décor aussi agréable que le jardin de Malfoy Manor : je connais de bien pires endroits dans lesquels se promener que les vastes allées bordées de saules du parc de ma future belle-famille. L’endroit est propice au calme, à la réflexion, à la tranquillité, en somme. Je me souviens qu'une petite pièce d’eau court le long du mur arrière, et l'envie me prend de la revoir.

- Votre parc est toujours aussi beau, complimenté-je. C’est un réel plaisir que de s’y promener, votre elfe de jardin fait des merveilles. Si cela vous convient, j’aimerais pousser jusqu’à la petite rivière qui passe derrière chez vous, je crois me rappeler que le coin est fort plaisant.

Chemin faisant, nous passons devant un couple de paons blancs qui folâtrent près d’un buisson. Ils nous regardent marcher d’un air hautain. Je m’abstiens de tout commentaire, malgré la forte envie qui m’assaille de faire remarquer que, finalement, une faute de goût, nous en aurons bel et bien vu une aujourd’hui. Mais qui sait ? ces paons sont peut-être l’idée d’Arcania, ou pire, d’Henok, aussi mieux vaut-il taire mes pensées. Je détourne les yeux de ces deux laideurs ambulantes et me concentre sur le visage infiniment plus intéressant de ma promise. Il me semble que le moment est venu d’aborder un sujet plus sérieux. Je m’éclaircis rapidement la gorge, prend une inspiration et, d’un ton prudent, lance :

- Au sujet de, hum… de notre affaire[/i - de l’affaire qui nous amène ici, je veux dire - je tiens à ce que vous sachiez que je ne veux [i]en aucun cas vous mettre dans une situation, euh… inconfortable. Je ne sais pas si je me fais bien clair, mais, en bref, je veux vous assurer qu’à aucun moment, je ne vous manquerai de… de respect.

Je me tais, gêné, et maudis mon frère de m’avoir embarqué dans cette galère.

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MessageSujet: Re: A match made in heaven. (With Arcania Lawford, Malfoy Manor, september 1943)   Mer 30 Sep - 18:26

J’offre un sourire insolent au cadet Lawford, plutôt amusée par la situation. Après tout il est vrai que tout ceci est des plus divertissant et même assez cocasse. Le voir tenter de glaner des informations sur les sujets qui fâchent et de manière aussi maladroite… c’en serait presqu’attendrissant. Après tout je suppose qu’il ne déroge pas à la tradition familiale propre aux sang-purs de détester les moldus corps et âmes, ou tout du moins d’être répugné par leur simple évocation. Et ça n’en est que plus amusant à le regarder patauger, tentant vainement d’aborder le sujet sans avoir l’air trop mal à l’aise. Pour un peu on pourrait presque voir les gouttes de sueurs froides lui couler le long des tempes… enfin si un Lawford pouvait réellement perdre son sang-froid. Et je dois avouer que j’ai presque envie de pousser le vice à le taquiner, d’où le sourire insolent.

- Oh extrêmement proches… A vrai dire je pense n’avoir jamais été aussi proche de quelqu’un, un homme très doué et compréhensif… Il y avait comme une alchimie entre nous, le genre de rencontre qu’on ne fait qu’une fois dans une vie et qui chamboule toute l’existence, j’ai bien demandé à père l’autorisation de l’épouser mais apparemment il n’a pas apprécié l’idée, je dis l’air le plus sérieux du monde.

Merlin, je pourrais presque croire à mon petit discours si l’homme dont je parle n’avait pas plus de quatre-vingt ans… et le reste sans doute. Mais ça apprendra à Lawford. Non pas qu’il me soit désagréable, loin de là, mais chaque chose en son temps et il y a certaines choses que je préfère garder pour moi pour l’instant. Chacun ses vilains secrets et cadavres dans le placard après tout… Au moins ça lui coupera certainement l’envie de creuser plus loin dans les souvenirs pour le moment.

J’éclate d’un rire cristallin avant de reprendre contenance en lui lançant néanmoins une moue moqueuse alors que nous passons devant les paons blancs d’Abraxas en allant sur le chemin de la rivière. Je suis d’ailleurs quelque peu étonnée qu’il en connaisse l’existence, peu de personnes ont le luxe de pouvoir se vanter de connaître un minimum la propriété.

- Allons bon Isaac, on dirait que vous venez d’avaler votre canne… Rassurez-vous, je ne me suis encore jamais avilie à me laisser toucher par un moldu si c’est ce qui peut vous inquiéter. Respirez, je vous taquine. Un de mes nombreux défauts. Navrée.

J’ai la décence de rougir et de baisser les yeux en achevant ma phrase, quelque peu gênée tout de même. J’espère qu’il ne va pas nous faire une attaque ici, ça serait tout de même ennuyant, il faudrait que j’explique le pourquoi du comment et mère ne me le pardonnerait jamais. Non pas que cela m’importe particulièrement en fait. Par contre il serait dommage d’achever mon futur époux avant la nuit de noces. Veuve avant l’heure, ça me ferait une sacrée réputation ça…

- Au sujet de, hum… de notre affaire - de l’affaire qui nous amène ici, je veux dire - je tiens à ce que vous sachiez que je ne veux en aucun cas vous mettre dans une situation, euh… inconfortable. Je ne sais pas si je me fais bien clair, mais, en bref, je veux vous assurer qu’à aucun moment, je ne vous manquerai de… de respect.

Je m’arrête quelque peu brusquement et lève la tête en déglutissant. D’accord. La conversation vient réellement de prendre un tournant extrêmement gênant. Je regarde autour de moi en cherchant une échappatoire mais force est de constater que je ne vais pas réussir à m’en sortir en déblatérant sur ce merveilleux saule pleureur ô combien splendide ou bien sur ce gazon on ne peut plus parfait et sur le travail formidable des elfes.  Mais pourquoi chercher une échappatoire après tout ? Je suis une grande fille, capable d’avoir une conversation normale pour un mariage arrangé. Allons bon, je ne vais certainement pas fuir pour si peu. D’autant plus qu’il a la délicatesse d’en parler et que ça me touche plus que je ne veux bien le faire croire. J’ai toujours eu peur de finir avec un sorcier cruel et froid, l’homme qui aurait été le cauchemar de ma vie et non pas celui avec qui partager celle-ci, et Lawford junior est loin d’être comme ça. Il semble même se préoccuper un minimum de mon sort et de mon bien-être, je suis presque certaine qu’à terme je pourrais réellement l’apprécier. Isaac a l’air d’être le genre d’homme avec qui on n’est jamais au bout de ses surprises – sa considération à mon égard le montre d’ailleurs – et je pense pouvoir dire qu’en dépit de mon humour pathétique et de mon côté quelque peu éclectique, nous pourrons faire un couple plus ou moins harmonieux. Nous pourrions même être heureux. Eventuellement.

J’ai la vision d’un banc en bois blanc suspendu face à un chêne vénérable, moi passant une main dans mes cheveux grisonnants et tandis qu’Isaac – toujours très digne mais vieillissant – s’approcherait avec cette canne si caractéristique du personnage. Je peux même entendre quelques rires d’enfants – sans doute la marmaille de notre propre progéniture – et je m’imagine bizarrement bien dans le rôle d’une grand-mère gâteau… jusqu’au moment où ma vision explose et que je me vois parfaitement bien à courir en direction de mon laboratoire alors qu’un de mes chaudrons viendrait d’exploser. Oui. Je pourrais tout à fait me faire à ce genre de vie malgré le côté plus… plat de la chose. C’est moins palpitant de courir après une potion explosée que de courir par-delà le monde, mais pourquoi pas après tout. Et les cheveux gris m’iraient tellement bien.

J’ai une autre vision comprenant une jungle et des créatures magiques venimeuses et dangereuses m’encerclant alors que je tente de m’emparer d’une main plissée par les années d’une authentique rafflesia arnoldii pour mes recherches, mais bizarrement je n’arrive pas à y voir le cadet Lawford. Alors je suppose qu’il faudra bien que je me contente du banc, de la canne et de la marmaille. Peut-être même un croup ou deux , il paraît que mon futur à une passion dévorante pour ces animaux-là. Je présume que je pourrais faire avec.

Je regarde Isaac avec un sourire doux avant de me remettre à avancer en hochant la tête l’air songeur mais tout de même assez mal à l’aise à l’idée d’aborder réellement le sujet. Ce mariage semble tellement être une vaste plaisanterie qu’en parler me gêne terriblement. Ça me fait prendre conscience que tout ceci est bel et bien réel et c’est foutrement déroutant si vous voulez tout savoir. Mais bon, je ne suis pas une collégienne, je n’ai pas à avoir les mains moites pour si peu.

- Et je vous en remercie.

Allez Arcania, tu peux faire mieux que ça ma grande. Tu sais quand même faire autre chose que de sourire comme une idiote en déblatérant des amabilités…

- Il est… rassurant de voir que vous n’êtes pas un de ces vieux pervers sans cervelle.

Je plaque une main sur ma bouche, quelque peu horrifiée par ce que je viens de dire. Mais que quelqu’un m’empêche de parler par Salazar !

- Non pas que vous soyez vieux ! Ou pervers… Ou dépourvu de cervelle, je m’exclame précipitamment.

Par les caleçons dansants de Merlin. C’est pathétique.  Je me prends la tête dans les mains avant de replacer les bras le long du corps et de me racler la gorge.

- Mes excuses. Je voulais simplement faire savoir que j’appréciais. Je ne dois vraiment pas être douée pour tout ça, je dis en faisant un geste de la main, englobant vaguement quelque chose. Mais merci. Sincèrement. J’espère pour ma part à ne pas vous mettre dans une quelconque situation… embarrassante. Je me doute fort bien que vous n’avez pas demandé ma main et il serait navrant que vous me détestiez pour cette raison.

Visiblement on repassera pour le rôle de la belle et grande adulte qui sait se gérer seule, je me fait plus l’effet d’une étudiant idiote bafouillant devant son professeur ténébreux. Et dire que je n’ai jamais bégayé de peur face à un professeur…

Je soupire avant d’afficher un sourire forcé sur mon visage alors que nous arrivons à la rivière et que je m’assieds à son bord. Cette entrevue est une catastrophe.

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MessageSujet: Re: A match made in heaven. (With Arcania Lawford, Malfoy Manor, september 1943)   Lun 9 Nov - 12:18

Je commençai déjà à rougir et à éprouver des tendances meurtrières envers ce maudit moldu brésilien… quand Arcania éclata d’un rire cristallin et dissipa mes craintes d’un geste négligent. Ainsi, Mademoiselle se payait ma baguette ! A moi, Isaac Lawford ! Pas de doute, c’était une vraie Malfoy, eux seuls avaient l’assurance nécessaire pour se moquer d’un Lawford ! Pendant un instant, je fus furieux contre d’elle de s’être ainsi jouée de moi, mais elle baissa les yeux de telle façon et prit un air navré si touchant que je ne pouvais décemment rester en colère bien longtemps. Au lieu de ça, je me forçai à lui retourner un sourire un peu crispé :

- C’est à moi de m’excuser. Vous avez été éduquée de la même façon que moi, donc vous savez comment sont faites les choses : on nous apprend à nous moquer des autres, pas à faire l’objet de ces moqueries... Qui sait ? Peut-être êtes-vous précisément la personne qu’il me faut pour compléter cette éducation ! Quant à ma canne, hum, je la suppose un peu indigeste, mais si cela peut vous faire plaisir…

Arcania se déclara ensuite reconnaissante de la prévenance que je montrais à son égard dans l’établissement de nos relations à venir. Je ne sais pas si elle avait saisi que je cherchais autant à déguiser mon propre malaise qu’à limiter le sien, mais je fus heureux de voir qu’elle prenait si bien la chose… et qu’elle me juge digne de se confier ainsi à moi. De ce que je devinais de son caractère, la chose ne devait pas lui arriver souvent. Pas plus qu'à moi, en fait... Une certaine ressemblance entre nous deux me frappa tout à coup, qui ne fit que renforcer la satisfaction que j'avais à l'entendre s'ouvrir ainsi. N’étant pas homme à m’arrêter sur les compliments (même si les compliments d’une Malfoy font probablement partie des rares louanges dignes d’attention), je préférai dissiper sa gêne d’une petite pointe d’humour :

- Vieux, cela m’arrivera bien assez tôt, pervers, ce n’est pas à moi d’en juger, et sans cervelle… je serais vous, je ne m’avancerais pas à hasarder de si audacieuses suppositions.

Toutefois, et pour clore le sujet, j’ajoutai d’un ton redevenu sérieux :

- Vous savez, cette situation est embarrassante, ça me paraît difficile de le contester… Mais ce n’est certainement pas vous qu’il faut blâmer pour cela, plutôt mon frère et monsieur votre père ! C'est la raison pour laquelle que je pense qu’il est important de mettre les choses au clair dès maintenant, pour qu’il n’y ait pas de malentendus entre nous. J’aime à croire que nous pouvons partir d’un bon pied et puis, après tout… il n’y a pas de raison que notre histoire se termine mal, non ? Nous sommes entre personnes sensées. Enfin, je crois.

Je lui adressai un sourire dont la douceur me surprit moi-même et, un instant plus tard, sans trop comprendre comment, je me retrouvai assis à côté d’elle, au bord de la rivière qui s’écoulait paresseusement devant nos yeux, nous offrant une vision au plus haut point bucolique, ce qui, supposai-je, était probablement assez approprié. Un couple de cygnes passa devant nous en barbotant nonchalamment. Pendant un instant, j’oubliai Grindelwald, Poudlard, la guerre, Jefferson, Arcania, la raison de ma présence ici, j’oubliai tout pour me laisser envahir par la beauté des lieux, la sérénité de l’instant. Je fermai les yeux et inspirai une longue bouffée d’air pur… avant de les rouvrir et de les tourner vers ma promise.

- Je constate avec plaisir que mes souvenirs ne m’avaient trompé, en tout cas : cet endroit est aussi joli que dans ma mémoire.

Je fis une pause, contemplant la Nature autour de moi, puis mon regard s'égara vers le visage de la femme assise à mes côtés. Elle avait un profil parfait, je me demandai pourquoi je ne le remarquais que maintenant.

- Vous savez ce qui m’a le plus manqué, pendant mes voyages à l’étranger ? repris-je. La seule chose qui m’ait manquée, en fait ? Les jardins anglais. Toute cette verdure, ce gazon impeccablement taillé, ces arbres faussement négligés, ces haies proprement coupées, ces petites rivières qui serpentent paresseusement… cette atmosphère sensuelle… paresseuse, dirais-je. Oui, l’Angleterre me rend paresseux, c’est ce que j’aime chez elle.

Je me tus.  L’instant était venu de découvrir ce que ma future épouse pensait des envolées lyriques… Si elle était comme la grande majorité des sang-pur, je devais m’attendre au pire, mais plus je lui parlais, plus il me semblait qu’Arcania n’était pas comme la grande majorité des sang-pur. Pour la première fois, j’entrevis la possibilité que les choses marchent réellement entre nous. C’était… inattendu.

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MessageSujet: Re: A match made in heaven. (With Arcania Lawford, Malfoy Manor, september 1943)   Dim 20 Déc - 12:39

C’est… surprenant. Oui. Surprenant, c’est le bon mot, le terme juste pour décrire cette situation plus que surréaliste. A dire vrai, je vole même de surprises en surprises avec Isaac. Qui aurait cru que le cadet Lawford était aussi… agréable. Je m’étais attendue à devoir faire face à un mur de glace mais je constate que le personnage est loin d’être aussi austère qu’il semble l’être. Non pas qu’il m’était antipathique de base mais… eh bien je suppose que sa réputation le précède. Je ne suis pas femme à porter attention aux commérages et encore moins à m’arrêter aux idées premières, mais il est vrai que j’avais quelques aprioris pour cette rencontre. Pour ce mariage aussi. Après tout, je suis si peu conventionnelle que tout aurait pu être un fiasco avant d’avoir réellement commencé, et ce ne sont pas mes mots. Bizarrement, je pense que père avait terriblement peur que je ne fasse un faux pas qui froisserait à coup sûr le futur époux. Force est de constater que je ne suis peut-être pas une telle catastrophe… Ou peut-être qu’Isaac est quelqu’un de très bien élevé et qu’il ne prend pas ombrage de mes faux pas. Etrangement, cette deuxième solution me paraît plus plausible, tout le monde sait que je suis loin d’être la parfaite épouse, il doit sans doute se faire violence pour ne pas tourner les talons avec pour objectif de ne jamais remettre les pieds ici. Ce qui serait fort dommage quand on y pense, nos enfants pourraient réellement être magnifiques. Et puis il est dans le vrai, il n’y a aucune raison que notre histoire se termine mal. Si d’autres y sont arrivés avant nous, je ne vois pas en quoi nous serions différents. Certains finissent même par s’aimer sincèrement. Je suppose que c’est ce qui arrive quand on passe une vie aux côtés de quelqu’un, on finit par tomber sous le charme sans réellement s’en rendre compte.

Je penche la tête vers mon promis, me perdant dans mes pensées tandis que j’observe ses traits si bien dessinés alors qu’il se tient debout à mes côtés. Pourrais-je un jour tomber sous le charme d’Isaac Lawford ? Me réveiller un matin en me disant que je suis amoureuse de cet homme et que je suis heureuse. Non pas que je cherche le grand amour ou quoi que ce soit, j’ai passé l’âge de toutes ces histoires, mais je me demande quand même. Peut-on réellement se réveiller un jour et se sentir différente ? Ou bien cela sera-t-il un processus de longue haleine dont je ne me rendrais point compte ? Juste un évidence au fil du temps. Peut-on aimer Isaac Lawford ? Le permet-il seulement ? Je me demande…

Je le regarde se mettre à ma hauteur avant de s’asseoir à mes côtés et je suis surprise une nouvelle fois. A cause du sourire. Mon futur époux à un sourire ravageur. Pas de ceux charmeurs ou à fossettes, ni de ceux carnassiers, il a plutôt un sourire dont il se dégage une certaine… douceur. C’est très surprenant. De voir un tel sourire sur un tel personnage. Le contraste est saisissant. Agréable. Chaleureux même, et je me sens une soudaine envie de sourire à mon tour. C’est contagieux, un peu comme une maladie. Je me demande si c’est grave de sourire autant. Généralement je me contente d’afficher un air froid et cynique, pas de sourire gentiment, pas en présence de gens que je connais si peu aussi, même s’il me faut avouer que la compagnie du sieur Lawford ne m’est pas désagréable.

Une légère brise se fait sentir tandis que je m’amuse à jouer distraitement avec un brin d’herbe que je viens d’arracher. C’est agréable ce silence de quelques instants entre nous. J’ai tendance à détester les gens qui parlent pour ne rien dire, juste histoire de combler un silence trop gênant pour eux, un silence qui prend toute la place et qui les étouffe à petit feu. Isaac n’est visiblement pas de ce genre et c’est une qualité hautement appréciable que celle de ne pas ressentir le besoin de babiller sans cesse, de vouloir simplement profiter du calme en toute sérénité, d’autant plus que le parc est des plus propices à l’activité en cette période l’année.

- Vous savez ce qui m’a le plus manqué, pendant mes voyages à l’étranger ? repris-je. La seule chose qui m’ait manquée, en fait ? Les jardins anglais. Toute cette verdure, ce gazon impeccablement taillé, ces arbres faussement négligés, ces haies proprement coupées, ces petites rivières qui serpentent paresseusement… cette atmosphère sensuelle… paresseuse, dirais-je. Oui, l’Angleterre me rend paresseux, c’est ce que j’aime chez elle.

J’hoche la tête distraitement tout en écoutant sa litanie sur les jardins anglais. C’est… peu commun. Cocasse même, mais si joliment dit. Et plein de bon sens. Après tout, l’Angleterre nous rend tous paresseux, un loisir que nous ne pouvons pas toujours nous permettre dans d’autres contrées. Une fois de plus, je dois m’avouer surprise.

- Ainsi donc, vous voilà à paresser dans ma propriété à parler si joliment plutôt que de vous occuper de paperasses et autres devoirs de vos élèves… Ce n’est guère professionnel, professeur Lawford ! Je me demande ce que penseraient vos étudiants s’ils vous voyaient ainsi, à paresser à l’ombre d’arbres et au bord de cette si jolie petite rivière, sur ce gazon tellement parfait. Quelle honte… Mais rassurez-vous, j’ai moi-même la fâcheuse tendance à préférer la compagnie des jardins à celle des obligations. J’ai même manqué vous faire attendre par paresse… Votre secret ne sera point ébruité.

Je délaisse mon brin d’herbe avec un sourire moqueur tandis que je m’allonge sur ledit gazon parfait. Il faudra songer à féliciter les elfes, ils apprécient toujours qu’on s’arrête sur leur travail bien fait et les elfes fiers sont des elfes ravis d’obéir. Je me laisse à mon tour sombrer dans la paresse tandis que je ferme les yeux pour profiter de cet instant. La brise rend le tout diablement agréable, si j’étais seule, je suis certaine que je pourrais m’endormir comme ça, avec le bruit de la rivière en arrière-fond. Mais je ne suis pas seule, alors je vais éviter. Ça risquerait de faire mauvais genre que de dormir et de délaisser mon invité.

- Vous savez Isaac, vous êtes quelqu’un de… peu commun. Je m’attendais à ne trouver que froideur aristocratique et sang-pur arrogant, avançant en terrain conquis, et à la place, vous voilà. Légèrement soucieux de mon bien-être et même un peu poète sur les bords. Vous n’avez même pas l’air particulièrement vexé de mes maladresses ou plaisanteries douteuses… d’habitude les prétendants préfèrent fuir à la simple évocation de mon nom, même s’il y a une quelconque obligation derrière.

Je me relève sur mes coudes tandis que je rouvre les yeux pour le fixer. L’étude du comportement du cadet Lawford… La contemplation du spécimen dans son état naturel, c’est assez amusant, agréable même. Je ne risque pas de m’en lasser de sitôt. Ce mariage ne me semble même plus être une si mauvaise idée… quitte à me marier, autant le faire avec quelqu’un d’intéressant. Et je sens que je ne suis pas au bout de mes surprises avec Isaac.

- Vous êtes surprenant. Agréablement surprenant. Je pense que je ne risque pas de m’ennuyer avec quelqu’un comme vous, ça promet d’être divertissant et riche en surprises que de découvrir le mystérieux cadet Lawford…

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MessageSujet: Re: A match made in heaven. (With Arcania Lawford, Malfoy Manor, september 1943)   Mar 2 Fév - 20:04


Alors que je lui parlais, je réalisai qu’une chose – la chose – qui distinguait Arcania de la sang-pur moyenne était sa capacité d’adaptation. C’était de toute évidence une femme libre, qui disait ce qu’elle avait envie de dire, non pas sans se soucier des conventions – encore heureux -, mais en leur prêtant moins de poids que ne le font la plupart des femmes de notre milieu : là où la majorité d’entre elles auraient été totalement imperméables à mes envolées lyriques (enfin, envolées… mes bonds serait plus juste…) et se seraient contentées de hocher la tête en souriant d’un air niais avant de passer à un sujet sur lequel elles auraient eu quelque-chose à dire, elle m’écouta discourir avec une acuité, une attention et une intelligence que je ne rencontrais pas souvent en-dehors de la famille Lawford. Arcania disait certes ce qui lui plaisait, ce qui lui passait par la tête, mais en retour, vous jouissiez de la même liberté de ton à son égard. Ce qui, tant que l’on n’en abuse pas, est plutôt plaisant. Et comme je suis quelqu’un de mesuré…

- Ainsi donc, vous voilà à paresser dans ma propriété à parler si joliment plutôt que de vous occuper de paperasses et autres devoirs de vos élèves… Ce n’est guère professionnel, professeur Lawford !

- « Professionnel »… répétai-je avec un haussement de sourcil ironique. Non, probablement pas, en effet. Mais qu’importe ? Il y a d’autres choses dans la vie que le travail, par Rowena ! Notre existence serait vite lassante, autrement.

- Rassurez-vous, j’ai moi-même la fâcheuse tendance à préférer la compagnie des jardins à celle des obligations. J’ai même manqué vous faire attendre par paresse… Votre secret ne sera point ébruité.

- Merci, me contentai-je de répondre avec un nouveau sourire – un de plus, décidément. Mais vous auriez pu traîner, mon père m’a toujours soutenu que, pour la gent féminine, faire attendre les hommes était, non seulement un droit, mais même un devoir !

Un silence s’installa. Je la regardai jouer avec un brin d’herbe, puis s’étendre sur le sol. Ma future épouse était très belle, ce point était incontestable, je le savais déjà avant. Mais l’esprit ne semblait pas non plus lui faire défaut. Finalement, peut-être Jefferson n’avait-il pas été aussi dur envers moi que je le pensais. Ou peut-être – plus probablement, en fait - ce qu’il croyait être un fardeau pour son frère allait-il se révéler une bonne surprise. Heureuse occurrence.

- Vous savez, Isaac, reprit-elle, vous êtes quelqu’un de… peu commun. Je m’attendais à ne trouver que froideur aristocratique et sang-pur arrogant, avançant en terrain conquis, et à la place, vous voilà. Légèrement soucieux de mon bien-être et même un peu poète sur les bords. Vous n’avez même pas l’air particulièrement vexé de mes maladresses ou plaisanteries douteuses… d’habitude les prétendants préfèrent fuir à la simple évocation de mon nom, même s’il y a une quelconque obligation derrière.

Une grande liberté de ton, oui, vraiment… Ce n’était pas tous les jours que l’on entendait ce genre de choses et, de fait, je n’étais pas plus habitué à recevoir des compliments que des injures. Je me donnai un peu de temps pour répondre.

- Hum, en bon académicien, je vais vous répondre point par point, si vous le permettez – et en supposant que vous attendez une réponse. En ce qui concerne arrogance et froideur, ma foi… vous vous appelez Malfoy, je m’appelle Lawford, il ne me semble pas que nous en ayons besoin entre nous… et même de façon générale, j’essaie de les éviter autant que faire ce peut – mais vous savez ce que c'est, chassez le naturel, il revient à dos de dragon. Pour ce qui est de vous considérer comme un terrain conquis, vous n’aviez pas d’inquiétude à avoir, je vous voyais plutôt comme le champ d’une rude bataille, que je ne m'attendais pas à remporter ! Vous n’êtes donc pas la seule à être agréablement surprise, comme vous pouvez le constater… Enfin, quant à être un prétendant comme les autres… peut-être la différence tient-elle justement au fait que je n’en ai jamais été un : je suis passé sans préavis du statut d’inconnu à celui de fiancé, alors… cela m’a évité les maladresses communes au soupirant standard - à l’inverse, j’en commets sûrement d’autres, plus spécifiques au futur mari qui connaît encore très mal sa promise. Il va nous falloir un peu de temps, c’est certain, mais je suis plutôt optimiste !

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Arcania Lawford
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MessageSujet: Re: A match made in heaven. (With Arcania Lawford, Malfoy Manor, september 1943)   Ven 5 Fév - 18:37

Je crains un instant de l’avoir froissé. Après tout, ce silence pourrait bien être le résultat de mon manque de retenue, peut-être aurait-il mieux fallu que je garde mes pensées pour moi, il n’a pas besoin de connaître les moindres recoins de mon esprit mais… sa réaction m’intéresse. Cependant, ce silence commence à me rendre mal à l’aise. Là où le précédent ne me dérangeait pas, celui-ci me paraît plus étouffant, assourdissant même. Peut-être parce que je suis dans l’attente d’une quelconque réaction et que celle-ci tarde à venir. Aurait-il pris ombrage de mes aprioris et du fait que je les lui révèle de la sorte ? Ou bien ne trouve-t-il simplement rien à dire ? Au fond, c’est vrai qu’il n’y a pas grand-chose de plus à ajouter. Par quoi pourrait-il bien me répondre ? Un « merci » marmonné entre ses lèvres pincées, ne sachant trop comment réagir ? A moins qu’il ne se contente de laisser couler et de nous replonger dans le silence. Le silence est bien souvent la meilleure des solutions. Un grand adage des Malfoy que voilà. Quand tu ne sais pas, serre les dents et tais-toi mais surtout, fait bonne figure, il ne faudrait pas apporter le déshonneur dans la famille après tout... Je suppose que toute famille digne de ce nom doit savoir cela. Les Lawford n’échappent certainement pas à la règle.

Serrer les dents hein… Je suppose qu’Isaac doit être en train de le faire. Après tout, nous avons tous deux été réduits au silence. Nouvel adage dans les familles. Quand ton futur on choisit pour toi, souris et tais-toi. Si j’appréhendais cette rencontre, je me demande ce qu’il en est de mon fiancé. Une mornille pour les pensées du sieur Lawford… Et me voilà sortie des miennes par le son de sa voix. Je ne m’en rends compte que maintenant, mais Isaac a une belle voix.

- Hum, en bon académicien, je vais vous répondre point par point, si vous le permettez – et en supposant que vous attendez une réponse. En ce qui concerne arrogance et froideur, ma foi… vous vous appelez Malfoy, je m’appelle Lawford, il ne me semble pas que nous en ayons besoin entre nous… et même de façon générale, j’essaie de les éviter autant que faire ce peut – mais vous savez ce que c'est, chassez le naturel, il revient à dos de dragon.

Je suis… fascinée. Sa vision du monde est tellement différente de ce à quoi je m’attendais. Je sais, je me répète mais… Il y a quelque chose chez mon futur époux qui me rappelle tant moi-même. Peut-être à cause du nom et de nos positions au sein de nos familles respectives. Non, mais plus sérieusement, regardez ce ton, ces paroles, c’est moi tout craché ! Enfin si on oublie le côté académique et poil aux jambes.

- Pour ce qui est de vous considérer comme un terrain conquis, vous n’aviez pas d’inquiétude à avoir, je vous voyais plutôt comme le champ d’une rude bataille, que je ne m'attendais pas à remporter ! Vous n’êtes donc pas la seule à être agréablement surprise, comme vous pouvez le constater… Enfin, quant à être un prétendant comme les autres… peut-être la différence tient-elle justement au fait que je n’en ai jamais été un : je suis passé sans préavis du statut d’inconnu à celui de fiancé, alors… cela m’a évité les maladresses communes au soupirant standard - à l’inverse, j’en commets sûrement d’autres, plus spécifiques au futur mari qui connaît encore très mal sa promise. Il va nous falloir un peu de temps, c’est certain, mais je suis plutôt optimiste !

Un champ de rude bataille hein… Le compliment me va droit au cœur. Même s’il n’avait sans doute pas l’intention de le faire sonner comme un compliment. Je me plais à croire que je suis plutôt insupportable en mon genre et qu’on peut effectivement me voir comme un champ de boue et de sang. Pour ce qui est du reste… Je suppose qu’il n’a pas tort, l’arrangement entre nos familles aide très certainement dans cette entrevue. Mais rien n’est voué à l’échec. C’est que ce garçon me plait de plus en plus, il en deviendrait presque charmant. Mais presque seulement.

- Que vous vous ne vous attendiez pas à remporter ? Mais mon ami, qui vous dit que la bataille est terminée ? Vous allez peut-être m’avoir pour femme tandis que je vous aurai pour époux, puisque que nos familles l’ont décidé ainsi, mais je ne vous suis point encore acquise pour autant. Vous m’intriguez pour le moment et je dois m’avouer charmée… Particulièrement charmée à dire vrai, c’est que vous vous en sortez admirablement bien, mais ne perdons pas de vue le fait que nous ne faisons partie que d’une négociation pour le moment. Ce n’est pas comme si vous ou moi avions la possibilité de refuser quoi que ce soit. Je doute que les hostilités commencent aujourd’hui. Le temps est bien trop plaisant et la compagnie bien trop charmante, je dis avec un sourire espiègle tout en lui lançant un coup d’œil, je pense que la bataille viendra plus tard, après le mariage. Quand nous apprendrons à nous connaître réellement.

C’est qu’il est amusant lui, il n’est guère poli que de débuter les hostilités lors d’une négociation ou d’une transaction. Il faut savoir vendre après tout… Et c’est une chose dans laquelle mon fiancé semble exceller, je parie qu’il doit en faire tourner des têtes… Esprit vif, bonne famille et bel homme… le cocktail est dangereux, c’est que je me laisserais volontiers prendre à une amourette de jeunesse si j’étais étudiante à Poudlard. Je peux presque voir les jeunes filles se bousculer pour prendre place au premier rang du cours d’histoire. Peut-être même quelques garçons dans le tas. Et les espoirs d’un regard ou d’un baiser de sa part. Il pourrait être relativement amusant que d’aller rendre visite à Isaac en me présentant comme sa fiancée. J’imagine parfaitement bien les déceptions et cœurs brisés que cela pourrait causer. La perspective me fait rire tandis que je suis perdue dans mes pensées, il me faudra l’essayer. En parlant regard ou baiser d’ailleurs, je me rassied tout en le regardant sans ciller.

- D’ailleurs, en parlant mariage, me permettriez-vous une demande quelque peu mmm… osée ? je demande, la voix grave. Me laisseriez-vous vous embrasser ? Et avant que vous ne protestiez vertement, laissez-moi vous dire que tout sorcier digne de ce nom n’utiliserait jamais une nouvelle baguette magique pour un sort compliqué sans jamais l’avoir testée auparavant. Le mariage me paraît être un passage suffisamment compliqué pour qu’en plus de cela, nous nous rendions compte le jour même que tout contact physique nous… indispose ? C’est aussi utile pour vous que pour moi ! Au moins, si cela est indisposant, eh bien nous aurons le temps de… euh… nous faire à l’idée d’une nuit de noces. Et ce genre de choses. Enfin, vous comprenez l'idée... Je n'ai pas besoin de vous faire un dessin.

Moi qui avais commencé mon discours d’une voix assurée, je termine en chuchotant presque ma phrase et je sens mes joues en feu. Je dois faire concurrence aux Weasley encore une fois. Quelle horreur. Et encore plus horrifiant de penser à ces traitres quand je parle nuit de noces avec mon futur mari. C’est extrêmement dérangeant… Tout comme cette conversation en fait. Peut-être que les hostilités sont bel et bien entamées finalement.

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Isaac Lawford
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MessageSujet: Re: A match made in heaven. (With Arcania Lawford, Malfoy Manor, september 1943)   Dim 8 Mai - 19:53

Arcania me décoche un clin d’œil. Dans la mesure où, en trente-trois années d’existence, c’est la première fois que je vois un sang-pur s’adonner à un tel geste, je reste un instant déconcerté. En même temps, depuis que je suis entré dans le salon des Malfoy, un peu plus tôt, je passe mes instants à rester déconcerté, aussi pensé-je pouvoir dire que je commence à avoir l’habitude – l'habitude d’être surpris par ma promise autant que celle de ma promise elle-même.

Ou du moins aurais-je pu l’affirmer jusqu’à ce qu’après avoir marqué une brève pause dans son propos, la voix d’Arcania se fasse peu à peu plus grave et hésitante – et qu’elle me demande ce que je pense de l’idée que… nous nous embrassions. Par tous mes ancêtres. Et en plus, elle pousse le vice jusqu’à mentionner la nuit de noces et faire une allusion à une nouvelle "baguette magique" qu’elle s’apprête à tester… Soit elle a plus d’assurance qu’un centaure en train de trotter sur des charbons ardents, soit son ingénuité lui fait honneur. Dans tous les cas, elle est très forte.

Bien. Ne pas paniquer. Réfléchir. Allons, je suis revenu vivant de plusieurs duels, d’une entrée – et d’une sortie, d’ailleurs – par effraction à Gringotts, d’une rencontre avec un sphinx affamé, de la fréquentation de la bande de psychopathes qui gravitent autour de Grindelwald et des galas de charité d’Hymenomytia Macmillan, la demande formulée par Mlle Malfoy ne devrait donc en toute logique pas m’impressionner outre mesure. Et pourtant… pourtant, par toutes les gargouilles de Faery Court, j’en reste coi.

Mais je me rends bien compte que la situation ne peut s’éterniser : je suis l’homme du couple, et qui plus est, un Lawford ; ne pas prendre de décision est donc un luxe qui ne m’est pas offert. Agissons, que diantre ! Agissons ! Enfin, en fait d’action, c’est mon inconscient, qui prend le relai, une part de mon être que je ne laisse en temps normal jamais s’exprimer, mais qui, dans les présentes circonstances, s’impose d’elle-même, sachant bien qu’elle est beaucoup plus à même de gérer la situation que ne le sont ma raison et mon intellect. Plus observateur que véritablement acteur de mes actes, je réplique d’un « ma foi » étonnamment posé et entreprends de me rapprocher lentement, très lentement – à moins que ce ne soit beaucoup plus rapidement que je ne le crois ? – d’Arcania : d’abord mon corps se colle presque à celui de ma compagne, puis ma tête se penche vers la sienne, mon souffle se mêle au sien…

Arrivé à ce point du récit, il me semble nécessaire d’apporter une petite précision : ce n’est pas la première fois que j’embrasse une dame, loin, s’en faut, ni même que j’en connais une au sens biblique du terme. Ce qui rend les circonstances particulières, et qui, partant, me fait perdre une bonne part de mon assurance habituelle, c’est le caractère pour le moins soudain des évènements et, surtout, le fait que la femme que je suis sur le point d'embrasser est celle avec laquelle, en somme, je m’apprête à passer le restant de ma vie. Il y a donc une nécessité de lui plaire, une pression, une interdiction de toute erreur que je n’ai encore jamais rencontrées, et c’est la combinaison de tout ceci qui me rend, je dois l’avouer, moins maître de moi-même que je ne le suis d’ordinaire.

Là-dessus, mes lèvres entrent au contact des siennes, et j’oublie l’univers entier autour de nous.

HRP : et avec ce post, nous avons la confirmation qu’Isaac, au final, est bel et bien un grand romantique refoulé. Louée soit la libération de ses instincts (et de ses moeurs mais ça, ce sera pour plus tard *PAF*) !

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Arcania Lawford
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MessageSujet: Re: A match made in heaven. (With Arcania Lawford, Malfoy Manor, september 1943)   Lun 26 Sep - 16:48

Toujours aussi rouge qu’une jolie écrevisse, je ne prête qu’une oreille distraite à la réponse de mon interlocuteur et je ne comprends réellement ma situation que lorsque je le vois se rapprocher puis se pencher vers mon visage dans ce qui me semble être un mouvement précipité. Trop précipité même.  Son souffle se mêle rapidement au mien et je dois présentement avoir l’air effaré du poisson qui se rend compte qu’il se trouve hors de l’eau. Je dois avouer être pantoise devant tant… d’audace. Il y a quelque chose de terriblement affolant à découvrir cette facette dans la personnalité du cadet Lawford, je ne l’aurais pas pensé si entreprenant. Si peu convenable ! Et ce sérieux, cette maitrise de lui qu’il a en cet instant alors que mon pauvre cœur bat tant la chamade qu’il pourrait sortir de sa cage thoracique et que mon souffle se fait si court que je menace de défaillir.  Je dois paraître bien idiote en comparaison. Lui, si Lawfordien et moi si… blême, me sentant bêtement redevenir cette adolescente aux mains moites qui attendait avec impatience son premier baiser. Quand les lèvres d’Isaac se posent sur les miennes, je reste un instant interdite, ce qui me sert de cerveau refusant apparemment de fonctionner correctement et encore moins de coopérer.  Je vis l’instant sans prise aucune sur mon corps, comme si je n’étais que simple spectatrice de la scène, hors de mon enveloppe charnelle.

Je garde les yeux ouverts durant ce qui me paraît une éternité avant de prendre subitement conscience de la situation et de les fermer prestement. C’est que ce n’est pas convenable d’embrasser quelqu’un les yeux ouverts. Non pas qu’embrasser un parfait inconnu soit beaucoup plus convenable, réflexion faite. Mais ce n’est pas un inconnu après tout, il s’agit là de mon fiancé ! Et c’est ce même fiancé qui a présentement ses lèvres sur les miennes. Isaac Lawford m’embrasse.  J’embrasse Isaac Lawford. Mon futur époux. Merlin que tout cela est surréaliste ! Tout cela est fortement… agréable. Très agréable même. J’avais presque oublié ce que c’était, de partager un peu de cette chaleur humaine dans un moment d’intimité qui n’appartient qu’à deux personnes, et je prends peu à peu conscience du fait que je vais – théoriquement parlant – embrasser ce même homme jusqu’à la fin de mes jours. Il y a des perspectives d’avenirs plus désagréables que celle-ci, si vous voulez mon avis…

Mes jambes flageolent et je remercie Merlin d’être assise. Je pense que j’en aurais défailli sinon et ça, ça n’aurait vraiment pas été digne d’une dame de mon rang. Encore moins d’une dame de mon âge. Que penserait Isaac s’il avait conscience des troubles qui m’habitent en cet instant, dignes d’une écervelée encore sur les bancs de Poudlard !  Il penserait peut-être avec horreur que je suis encore une terre vierge et inexploitée, sans expérience aucune. Bon sang, il ne manquerait plus qu’il me prenne pour une biche effarouchée ! Salazar soit remercié pour m’épargner cette cuisante humiliation ! Je chasse cependant bien vite ces pensées inutiles tandis que ma bouche cherche davantage  à s’abreuver de ses baisers.

Je m’aventure à effleurer sa main de la mienne tandis que mes lèvres restent pendues aux siennes puis, presque à regret et après un moment qui m’a semblé durer une vie entière, je m’arrache à ce tendre geste, remettant un peu de distance entre nous tout en remettant une mèche de cheveux imaginaire derrière mon oreille pour me donner contenance.

J’ai le rouge aux joues lorsque je me racle la gorge pour prendre la parole d’une voix légèrement rauque.

- Ma foi, je me plais à penser que nos… relations futures, ne seront pas des plus déplaisantes.

Je marque un temps de pose tandis que je me mordille la lèvre en me demandant tout à trac si je dois apporter une légère précision à notre échange.

- En revanche, et bien que – à mon sens – l’expérience ne fut pas de plus déplaisantes, j’avais plutôt dans l’idée quelque chose de plus... sage au départ. Comme un simple baiser sur la joue par exemple…

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Isaac Lawford
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MessageSujet: Re: A match made in heaven. (With Arcania Lawford, Malfoy Manor, september 1943)   Lun 3 Oct - 18:56

Je dois dire que j'étais le premier surpris par la tournure des événements ; en fait, c'est bien simple, j'étais parfaitement dépassé ! Moi, Isaac A. Lawford, sauriez-vous croire cela ? Mais le plus surprenant, le plus choquant, même, était que l'idée ne me serait même pas venue de m'en plaindre ou d'en tenir rigueur à ma compagne. Au contraire, ce sentiment d'abandon était... plaisant. Qu'Arcania m'effleure la main ne le gâcha en rien.

- Ma foi, je me plais à penser que nos… relations futures, ne seront pas des plus déplaisantes.

Je ne répondis rien ; un gentleman n'a pas à donner son accord envers une jeune femme, a fortiori un accord aussi grossièrement enthousiaste.

- En revanche, et bien que – à mon sens – l’expérience ne fut pas de plus déplaisantes, j’avais plutôt dans l’idée quelque chose de plus... sage au départ. Comme un simple baiser sur la joue par exemple...

Oh. Ah. Hum.

- A vrai dire...

J'hésitai.

- C'était également mon idée. Et puis... Comment dire ? Je me suis laissé emporter. Ce n'est pas une excuse, je le sais... Saurez-vous me pardonner ?

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A match made in heaven. (With Arcania Lawford, Malfoy Manor, september 1943)
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