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 Una

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MessageSujet: Una   Jeu 14 Jan - 11:32

Una Morag McCarlich

"Comme notre tête est faible et s’effare, et s’égare vite, dès qu’un petit fait incompréhensible nous frappe !"
Maupassant - Le Horla


Genre :
Féminin
Âge :
11 ans et demi
Lieu de résidence :
Glasgow, quartier sorcier
Maison :
Serdaigle
Année :
Première
Personnage ou auteur de l'avatar :
 CelticBotan

Familier :
Une petite chouette rousse nommée Morgane.
Baguette :
Bois de pin, ventricule de cœur de dragon, 23cm, souple
Patronus :
Pas encore connu
Epouvantard :
La folie, personnifiée sous les traits de sa vieille tante ou de son amie fantôme, suivant les fois
Balai :
Brossdur 2
Amortentia :
L'odeur de l'herbe mouillée ou des vieux livres
Matières :
Matières suivies : Astronomie, Botanique, Défense contre les forces du Mal, Histoire de la magie, Métamorphose, Potions, Sortilèges et Vol sur balais. Aucun BUSE

Taille :
1m37
Corpulence :
Fine, pas encore formée
Cheveux :
Couleur auburn, relativement raides, très très longs, souvent détachés totalement ou en partie (l'autre partie étant tressée).
Yeux :
Oeil gauche bleu-gris, œil droit marron foncé
Signes distinctifs :
- Ses yeux sont un signe distinctif et la première chose qu'on remarque en général.
- En été, au soleil, elle se couvre de taches de rousseur, mais en hiver elle en a très peu.
- Elle se ronge les ongles.
- Elle se promène toujours le nez dans un livre ou en train de décomposer ou recomposer un de ses casse-tête.
Style vestimentaire :
En dehors de l'uniforme scolaire, elle porte des robes d'un autre temps tout droit sorties des coffres du manoir, certaines sont en très bon état, d'autres sont reprisées pas toujours très proprement. Elle privilégie des couleurs très sombres ou très claires, souvent ternes. Ses bijoux, qu'elle porte modérément, sont aussi des vestiges du passé, elle a notamment un médaillon qu'elle porte presque tous les jours, c'est un camée représentant une personne qu'elle ne connaît pas.

Qualités :
autonome, discrète, intelligente, logique, mature, observatrice, sage, vive
Défauts :
bornée, cynique, désillusionnée, égocentrique, introvertie, lunatique, solitaire, susceptible
Préférences :
les livres et les bibliothèques, les échecs, les énigmes, casse-têtes et labyrinthes en tout genre, la campagne et les paysages naturels, son manoir avec toutes ses caractéristiques, le désordre et tout ranger ou ordonner suivant un classement logique, le bruit de la pluie, les antiquités...
Antipathies :
Sa belle-mère ! La grande salle, la ville et les endroits surpeuplés en général, ne pas comprendre quelque chose et les paradoxes en général, les gens qui croient qu'ils savent mais en réalité non, le bruit des bavardages de ses camarades, les cours de botanique mais juste parce qu'elle n'y arrive pas...

Réputation :
Elle ne doit pas avoir vraiment de réputation à part pour les habitués de la bibliothèque où elle pourrait être reconnue comme celle qui range les livres qui traînent et qui s'installe par terre plutôt que de s'installer à la table de quelqu'un qu'elle ne connaît pas. En cours, c'est celle qui fait 'chuuuuut' quand les élèves parlent trop entre eux à son goût.
Projets :
Elle n'a pas d'idée précise, mais elle voudrait apprendre le plus de choses possibles et être une sorcière puissante. Elle voudrait retourner habiter dans son manoir mais peut-être voyager quand même.
Famille  :
Venant d'une famille majoritairement sorcière, Una a toujours baigné dans la magie.
Son père, Aindrea McCarlich, est acrobate dans un cirque magique, il est marié à Eileen, qui fabrique et vend des potions dans sa boutique. Ils ont un enfant, Peter, qui est donc le demi-frère de Una, il est né en septembre 1943.
Sa tante, la sœur de son père est mariée à un Sutherland, elle est donc indirectement liée aux cousins Sutherland / Mackenzie (qui sont les cousins de ses cousins).
Sa grand-mère paternelle est de sang pur, elle vient d'une branche de la famille écossaise Farquharson qui s'est isolée du reste au XVIème siècle et est revenue dans les Highlands il y a cinq générations pour se rapprocher de cette famille éloignée.
Son grand-père paternel est de sang mêlé.
Un autre membre important de sa famille est son arrière arrière grande-tante Morag avec qui elle a passé une grande partie de son enfance.
Sa mère, Clémence de Fay est française et aussi mariée avec des enfants, mais c'est tout ce qu'elle sait d'elle.
Histoire :
Ci-dessous
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MessageSujet: Re: Una   Jeu 14 Jan - 11:33

Histoire :

Clémence de Fay a écrit:
10 avril 1932

Cher Monsieur McCarlich,

Rappelez-vous l'été dernier. Vous étiez un artiste d'un des nombreux cirques venus célébrer le solstice dans les terres méridionales françaises. Cet événement était un regroupement, une rencontre de sorciers de toute l'Europe, quelque chose de grand et de magnifique ! L'ambiance était festive, la campagne nous étreignait de sa chaleur estivale. Vous fîtes un détour par ma tente et j'étais déjà très enjouée, je n'avais plus une once de lucidité. Je vous proposai quelques verres de champagne et j'en pris quelques-uns moi-même, ainsi s'ensuivit ce qui s'ensuivit.

Neuf mois durant, je dus porter le fruit de mon erreur d'une nuit, sous le regard accusateur de mon mari et de mes fils. Tout ceci est de votre fait, à présent prenez-en l'entière responsabilité. Sous le berceau, vous trouverez des langes et du lait, enchanté pour être conservé. Je vous prie de lui trouver un nom mais de ne jamais lui mentionner le mien, je ne fus que celle qui la porta, la suite n'appartient qu'à vous.

Ne cherchez pas à me retrouver.

Bien cordialement,
Clémence.

En avril 1932, la troupe des Sorciers de Drôle Fortune avait installé son chapiteau dans les terres ensoleillées d'Andalousie. Acrobaties sur balai volant, ballet de chevaux ailés, feux d'artifices magiques enchantaient le public sorcier espagnol, entre autres numéros tour a tour impressionnants ou comiques. A peine son numéro terminé, Aindrea McCarlich retourna en coulisse pour y trouver le berceau et la lettre qui l'accompagnait. Il ne fit pas face à Clémence de Fay, personne ne l'avait vue passer, peut-être même qu'elle n'avait jamais été là. Mot après mot, la lettre lui glaçait un peu plus le sang. Difficilement, il comprenait que cette petite chose qui commençait à s'agitait allait remuer plus sa vie que ce qu'il ne le voulait. Le meneur de la troupe lui signifia clairement que s'il voulait continuer son chemin avec eux, il devait confier l'enfant, au moins au début, ils ne pouvaient pas se permettre d'avoir un tout petit à gérer.

« Non mais je rêve. De toutes les bêtises que tu as faites – et Merlin sait que tu n'en es pas à ton coup d'essai - c'est de loin la pire ! Est-ce que tu essaies d'établir un record d'irresponsabilité ? Que tu décides que ton rêve c'est de faire du cirque, pourquoi pas, soit ; que tu abandonnes l'école avant tes ASPIC, qu'est-ce qu'on peut y faire de toute façon ? Que tu batifoles à droite à gauche, ce n'est même plus surprenant ! Que tu essaies de te débarrasser de ta propre fille pour poursuivre tes rêves saugrenus, NON ! Nous ne rentrerons pas là-dedans. Bon sang, pour la première fois de ta vie, fais preuve de maturité et assume ! »

Comme tout adolescent paniqué, le jeune Aindrea était allé chercher du secours chez ses parents en premier. Ensuite vint sa sœur puis tous les membres de la famille proche qui voulaient encore entendre parler de lui mais les portes se claquèrent les unes après les autres. Devant la succession de refus catégoriques, il ne lui resta bientôt qu'une option qu'il envisagea sans grand espoir. L'arrière grande-tante Morag vivait dans l'endroit le plus isolé du monde. Elle possédait et habitait le manoir familial, que son frère lui avait cédé sans débattre, plus personne ne voulait vivre là-bas, tant c'était vieux, froid et au milieu de nulle part. Aindrea ne connaissait pas très bien la vieille tante, il savait juste qu'elle n'avait jamais eu de mari ni d'enfant. La famille disait qu'elle était un peu folle, mais après tout, la famille disait aussi qu'il était irrécupérable, elle était bien forte, la famille, lorsqu'il s'agissait de médire sur le dos des gens ! Quand il rencontra l'arrière grande-tante Morag, il lui trouva l'air d'une gentille vieille dame, rien de plus, et elle accepta volontiers de garder la petite la partie de l'année qu'il ne pouvait pas assurer. Elle prit le bébé dans les bras et tout de suite, pour elle qui n'avait jamais pu avoir d'enfant, il devint son bébé. Soulagé et reconnaissant, Aindrea nomma sa fille Morag mais confia le choix du premier prénom à son arrière grande-tante. Ainsi fut accueillie Una Morag McCarlich dans le manoir qui n'avait pas vu passer la jeunesse depuis fort longtemps.

Aindrea McCarlich a écrit:
21 juin 1935

Coucou ma puce !

Je sais que tu ne peux pas lire cette lettre mais Tante Morag s'en chargera pour toi et elle t'expliquera ce que tu ne comprends pas.
La Chine est un pays magnifique ! Les sorciers connaissent bien les feux d'artifice là-bas, du coup on a pu s'inspirer de leurs traditions pour améliorer nos numéros. Mes acrobaties sont toujours autant appréciées, je pense que maintenant, la troupe aurait du mal à se passer de moi. Nous passons tout l'été en Asie et en automne, nous reviendrons en Europe. Je pourrai venir te voir à ce moment là !

Je t'aime !
Papa

L'année se divisait en périodes. L'hiver, Una était avec son père. Mis à part pour quelques événements ponctuels, le cirque n'avait pas besoin de lui. Ils dormaient dans une chambre ou dans une autre, voyageant beaucoup sur l'île puis en Europe ou dans le Monde. La magie facilitait les trajets et Aindrea voulait montrer à sa fille les beaux paysages qu'il avait pu rencontrer et revisiter des endroits qu'il n'avait apprécié qu'à travers les tissus opaques de tentes d'artistes de cirque. L'automne et le printemps étaient assez variables, mais en général elle le voyait peu. L'été, Una était avec son arrière arrière grande-tante.
La vieille tante elle aussi fonctionnait par périodes. A des moments, elle était la gentille mamie qui, bien que très vieille, était tout à fait apte à s'occuper d'un enfant en bas âge. A d'autres moments, elle était la vieille folle qui faisait des crises d'hystérie ou qui oubliait des choses. Au début, les elfes de maison subvenaient aux besoins du bébé, ne serait-ce que pour ne plus entendre de longs hurlements déchirants, de famine ou de manque d'affection, puis un jour, quelques années après, la tante Morag les renvoya tous, clamant que c'était 'son bébé et pas le leur'.
A quatre ans, Una se retrouva seule avec son arrière arrière grande-tante. Elle commença à manifester ses premiers signes de magie par nécessité. Suivant les cas, ce pouvait être pour attraper de la nourriture dans des placards trop hauts ou échapper assez vite au tisonnier enchanté de la vieille tante dans ses phases de folie. Elle se réfugiait dans la bibliothèque et regardait les livres sans les comprendre, encore et encore, ce qui précipita et facilita son apprentissage de la lecture. Lorsque Tante Morag était lucide, elle jouait aux échecs avec elle ou l'emmenait dehors, dans la campagne pour qu'elle puisse se dépenser. Una se dépensait tout aussi bien à l'intérieur, tant le manoir était vaste, mais les collines embrumées lui plaisaient, le froid et la pluie étaient des alliés à force de cohabiter avec eux, elle avait appris à les apprécier. Elle fouillait toutes les pièces et trouvait des trésors, comme la collection de casse-têtes en bois d'un ancêtre passionné ou des correspondances secrètes glissées sous le parquet. Elle s'intéressait à tout et plus que tout, se délectait du bruit craquant de ses pas, des toiles d'araignées installées au coin des poutres, des murmures gênés de portraits incommodés, tout ce qui faisait l'identité de ce manoir, qui était son foyer et dont elle ne se séparerait pour rien au monde.

- Est-ce que tu es un fantôme ?
- Oui.
- Comment tu t'appelles ?
- Ina.
- Moi c'est Una. Ca fait longtemps que t'es là ?
- Eh bien oui, je suis un fantôme.

Ina parlait peu de sa vie ou même des époques, tout ce qu'elle voulait c'était jouer et ça convenait très bien à Una. Ina fut sa première vraie amie et peu importe, si elle n'était pas vivante, elle était bien présente et ne refusait jamais une partie de cache-cache quand Una l'appelait. Par contre, elle était très mauvaise, mais ce n'était pas important, l'important était d'avoir un contact avec quelqu'un d'autre. Elle aussi devait s'ennuyer, parce que lorsque Una partait avec son père, Ina était déçue, parfois même en colère, elle lui faisait voir qu'elle était fâchée et Una culpabilisait puis l'oubliait, le temps d'un hiver enjoué avec sa famille. Ina était arrivée au bon moment, car la Tante Morag se faisait de plus en plus vieille, de plus en plus fatiguée et de plus en plus folle. Elle répondait juste à ses énigmes et perdait aux échecs, elle écoutait Una lorsqu'elle se sentait seule et la laissait seule lorsqu'elle voulait l'être. Mais en grandissant, Una la trouva plus amère, parfois hostile. Elle n'était plus l'idéal du compagnon d'aventures, elle la harcelait et lui faisait du mal et ça tombait mal, car son père ne la prenait plus en hiver et son arrière arrière grande-tante ne jouait plus avec elle. Délaissée de tout le monde, elle se réfugiait dans les livres, mais là encore, elle entendait derrière elle la voix d'Ina rire ou pleurer, hurler ou souffler, la déranger à tout moment, une plaie dont elle ne pouvait se débarrasser.

« Nous sommes liées pour la vie ! Crois-tu que ton père pourra nous séparer ? Personne ne le peut ! Tu ne peux pas et je ne peux pas ! Maintenant que tu m'as trouvée, nous sommes liées pour la vie ! »

Ina terrorisait Una et pourtant des fois, elle la consolait lorsqu'elle n'en pouvait plus. Una reprit les jeux et les aventures dans le manoir, mais la relation n'était plus la même, le rapport avec Ina était teinté d'obscurité et malgré tous ses efforts, leurs activités n'amenaient que tristesse. Le savoir était son secours, elle apprenait autant qu'elle pouvait, se disant qu'en se concentrant sur autre chose, elle n'entendrait plus les soupirs glacials d'une amie rejetée. Parfois ça marché et parfois elle l'entendait se lamenter, ou bien lui crier dessus. Elle aussi, avait des phases.
Son père finit par lui présenter Eileen. Eileen était jeune, blonde, plutôt mignonne. Eileen était la raison pour laquelle il n'était plus aussi présent les rares fois où il pouvait être. Eileen était incroyablement gourde, et pas mignonne finalement, non. Eileen était même plutôt méchante, elle empêchait son père d'aller la voir. L'amitié avec Ina devint à nouveau nécessaire. En se sentant acceptée, elle redevint plus agréable, moins colérique et moins amère. Una se réjouit de retrouver sa meilleure amie et tout rentra dans l'ordre. Excepté qu'Eileen possédait son père et que la Tante Morag mourut dans l'hiver.  

« Hello ? Il y a quelqu'un .. ? Ouah ! Ca pue le mort ici ! Una ? Arg... C'est infect... Una ? Oh ! Merlin ! UNA ! Ah non... je peux pas... UNAAA ? Ce manoir est un labyrinthe en plus... UNA où es-tu ? Réponds-moi ! Comment elle a fait pour vivre là dedans... UNAAA ! Ah ! L'odeur est un peu moins atroce ici. AH Una ! Qu'est-ce qui s'est passé ? Pourquoi tu m'as rien dit ? Ca fait combien de temps ? Comment tu vis depuis ? Una... »

La petite fille restait silencieuse parce que Ina parlait sans cesse. Elle ne lui parlait pas à lui, non, elle le méprisait de tout son être. Elle disait qu'il l'avait oubliée, qu'il fallait un malheur pour qu'il revienne, qu'il préférait bien sa nouvelle petite-amie à sa fille, qu'il faisait semblant d'être inquiet mais qu'en réalité ça lui était bien égal qu'un enfant soit livré à lui même, que de toute façon c'était le cas depuis longtemps, qu'il avait fait le choix de l'abandonner, qu'il ne l'avait jamais aimée et que personne ne l'aimait jamais. Il n'y avait qu'elle et à elles deux, leur lien était plus fort que tout. Ina et Una, Una et Ina, pas besoin d'adulte quand on a une amie, une jumelle, une âme sœur.

« Una... regarde-moi, réponds-moi. »

Son calme étonne Una, comment peut-il ne pas réagir avec toutes les atrocités qu'Ina déballe ? Elle ne cesse jamais, jamais de lui parler et de lui faire de la peine. Son père l'ignore royalement. Il ne la regarde qu'elle. N'est-ce pas une preuve d'amour ? Non. Il ne l'entend pas. Pourquoi ne l'entend-il pas ?

« Una, tu m'en veux ? Qu'est-ce que je t'ai fait ? »

Pourquoi ne l'entend-il pas ?

Que lui a-t-il fait ? Est-il en train de plaisanter ou est-il vraiment aveugle ? Ina s'esclaffe. C'est bien la preuve, c'est bien la preuve, Una, regarde, regarde comme il te méprise. Ta vie l'indiffère c'est ainsi qu'il se croit innocent. Ina s'esclaffe. Regarde Una, regarde le visage de cet homme abject. Dis-lui de s'en aller et continuons comme si rien ne s'était passé.

Pourquoi ne l'entend-il pas ?

« Una, cet été, je ferai mon dernier spectacle. Je suis venu te chercher, tu vas venir avec nous. Eileen et moi, nous allons nous marier ! J'ai acheté une maison à Glasgow. Tu m'entends ? Tu vas venir vivre avec nous ! »

Una, il veut t'arracher d'ici. Ton manoir, ta maison, ton foyer, ta vie ! Il t'enlève tout ce que tu as et tout ce que tu es ! Et pourquoi ? Pour te donner une vie factice, dans une famille factice. Il ne te le dit pas ça, que vous ne serez jamais une famille ! Tu es l'erreur de sa vie !

- ARRETE !
Ina s'esclaffe.
- Quoi ?
Ina s'esclaffe.
- Pourquoi ne l'entends-tu pas ?
Ina s'esclaffe.
- Quoi de qui ?
Ina s'esclaffe.
- Pourquoi ne l'entends-tu pas ?
Ina s'esclaffe.
- Je ne comprends pas... Una... Est-ce que ça va ?
Ina s'esclaffe.
- Ina ! I-na ! INA !
Ina s'esclaffe.
- Ta copine fantôme ?
Ina s'esclaffe.
- …
Ina s'esclaffe.
- Elle est ici ?
Ina s'esclaffe.
- Pourquoi... ne l'entends-tu.... pas ?

Parce qu'Ina n'était pas un fantôme, Una commençait à le comprendre. Maintenant qu'elle y réfléchissait, c'était évident, c'était logique. Il y avait trop d'éléments qui ne collaient pas. Ina lui ressemblait trop, elle ne lui apprenait jamais rien, elle résolvait ses énigmes mais perdait aux échecs et à cache-cache, elle apparaissait quand elle était seule et était silencieuse quand elle était heureuse. Mais quand elle était triste ou en colère, elle parlait beaucoup trop et en grandissant, connaissant de plus en plus de doutes et comprenant de plus en plus de choses, elle se manifestait sans qu'Una eut envie de la voir. Elle vieillissait, elle aussi, c'était peut-être l'indice le plus flagrant. Comment avait-elle pu fermer les yeux là-dessus ? Elle vieillissait ! Elle vieillissait pour lui ressembler. Les fantômes ne vieillissent pas. Elle, qui se croyait si intelligente, elle s'était fait avoir par sa propre naïveté. Tout son monde s'effondrait, elle n'avait jamais eu d'amie. Et Ina s'esclaffait encore. Maintenant qu'Una était consciente de l'avoir inventée, Ina devrait disparaître non ? Pourquoi la tourmentait-elle encore ?

« On peut s'en aller Papa ? »

Des funérailles furent organisées pour Morag Farquharson, peu firent le déplacement mais Aindrea put revoir sa sœur, sa mère et échanger à nouveau avec cette famille envers qui il avait gardé si longtemps la rancoeur d'avoir été laissé livré à lui-même. Dix ans après, il comprenait quels était ses torts. Il avait mûri et était prêt à construire quelque chose, il espérait simplement que ce n'était pas trop tard pour Una. Elle resta plusieurs jours près de la tombe de sa Tante Morag. En dépit de tout, elle l'aimait bien et regrettait de ne pas avoir passé plus de temps avec elle, même lorsqu'elle était dans un état critique. Elle se demandait à quel point sa folie l'avait atteinte, était-elle folle elle-même ? Elle ne comprenait pas et elle s'énervait de ne pas comprendre. Ina était toujours là et elle devait se résoudre à vivre avec, ne sachant pas s'il valait mieux l'accepter ou l'ignorer.

Dans sa nouvelle chambre, elle n'était pas heureuse. Le plancher craquant lui manquait, les collines embrumées lui manquaient et la bibliothèque encore plus. Elle avait récupéré les casse-tête et des livres, des objets et des habits. Dans sa nouvelle chambre, elle avait recréé l'époque de son ancienne, mais ça ne suffisait pas. Son manoir lui manquait. Elle ne sortait plus, la ville n'était pas son alliée, elle n'aimait pas le bruit et encore moins le monde, elle s'enfermait dans ses livres et ignorait le reste. Parfois son père venait pour jouer avec elle mais ne lui arrachait pas les prémices d'un sourire. « Ca lui passera, une fois à Poudlard. » disait-il à Eileen, qui bien que détestée par l'enfant, s'inquiétait comme si c'était la sienne. Elle n'avait que vingt-six ans, mais elle se sentait mère car elle portait en elle un futur petit être. Un an avait passé depuis les obsèques de la vieille tante, Una eut onze ans et on lui offrit un journal en espérant que d'ici septembre, sa plume aurait transféré son malheur sur du vieux papier plutôt que dans son cœur.  

Una Morag McCarlich a écrit:
10 avril 1943

Cher journal,

Aujourd'hui j'ai eu onze ans. Je ne sais que t'écrire mais les autres me voient en train de noircir tes pages et ils se sentent rassurés. Croient-ils réellement que tracer les lettres de mes états d'âme vont les faire disparaître ? Je préfèrerais autant lire dans ma chambre, j'apprendrais quelque chose. Ma « chambre ». Ma vraie chambre est restée dans les Hébrides, peu importe que la bâtisse sentent le cadavre décomposé. Un jour j'y reviendrai et ce sera chez moi, personne ne réclame le manoir, personne ne comprend sa valeur, mais il en a pour moi.
J'attends avec impatience ma lettre de Poudlard. Mon père et Eileen sont trop insupportables, ils mangent ensemble, ils dorment ensemble, ils travaillent ensemble, ils respirent ensemble, je m'attends à ce qu'un jour ils ne fasse plus qu'une seule entité. Là-bas, je serai dans la foule et ce ne sera pas agréable, mais rien ne peut être pire que l'ambiance de niaiserie qui flotte dans le salon. Regarde comme ils sont en train de me sourire ! Je leur souris en retour, je n'ai pas le droit de leur dire que je les déteste.  

La première entrée dans la grande salle fut le vrai grand choc pour Una. Le quai surpeuplé de la gare avait vite été oublié par l'entrée dans un compartiment isolé ou la jeune fille pouvait aisément se plonger dans un livre qui lui durerait tout le voyage. Malgré tout, elle était impatiente d'aller à l'école, les autres élèves n'étaient qu'un petit inconvénient à côté de l'immense privilège de pouvoir enfin pratiquer la magie et apprendre à s'en servir. Le lac fut le passage qu'elle préféra. Certains tentèrent de lui adresser un mot, mais voyant qu'elle était perdue dans la contemplation de l'immense étendue d'eau noire comme la nuit, ils abandonnèrent bien vite et elle put profiter du paysage. Ce n'était ni sa campagne chérie ni les tableaux splendides que les voyages autour du monde de sa tendre enfance lui avaient permis de rencontrer, mais c'était tout aussi impressionnant et agréable à parcourir. En revanche, cette salle remplie, ses bruits incessants, cette foule la fixant alors qu'elle montait sur l'estrade, c'était pénible et même l'ancienneté de l'architecture qui parlait à cette jeune fille amoureuse des vieilles choses ne parvint pas à lui faire oublier qu'il y avait peut-être un millier d'élèves qui attendaient avec plus ou moins de patience qu'un à un, les nouveaux passent à l'échafaud. « Serdaigle » hurla le chapeau, à peine eut-il heurté le sommet de son crâne et elle se dirigea vers la table désignée, essayant d'oublier à quel point elle serait entourée. On essaya de lui parler encore, elle ne parla à personne et cette scène se reproduisit les semaines suivantes et celles d'encore après.

Heureusement, elle trouvait refuge à la bibliothèque lorsqu'il faisait beau et dans le parc lorsqu'il pleuvait. En dehors des cours, elle cherchait toujours l'endroit le plus isolé et lorsqu'elle était forcée de traverser un espace occupé, elle avait un objet ou un livre à la main, quelque chose qui pourrait concentrer son attention et lui faire oublier qu'elle était entourée. Les venues d'Ina se faisaient moins fréquentes et parfois moins pénibles, être en contact avec quelqu'un de connu, même imaginaire, était au final rassurant. Son père lui envoyait souvent des lettres, le petit était né juste après la rentrée, mais elle le détestait déjà. Il lui disait de se faire des amis, ce n'était que comme ça qu'elle pourrait avancer, mais elle ne savait pas trop si elle en avait envie. Elle parlait peu, même en cours, elle savait souvent la réponse mais elle préférait la garder, les autres n'avaient pas besoin de savoir, ils la voyaient déjà assez comme ça. Aux vacances d'automne, elle resta sur l'école, elle n'avait pas envie de rencontrer son demi-frère. L'école vidée de ses élèves était un endroit merveilleux, elle apprécia d'y être réellement à ce moment-là et étrangement, appréhenda la rentrée suivante avec plus de sérénité. Elle se fit même une amie, une amie qui respectait son besoin d'être seule parfois. Souvent.

Una Morag McCarlich a écrit:
25 décembre 1943

Chère Mona,

Joyeux Noël !

J'ai finalement décidé de ne pas rester sur l'école pour les vacances. Mon père était heureux et étrangement, j'étais heureuse aussi. J'ai rencontré mon demi-frère qui me ressemble un peu ! Enfin, je crois... Je passe Noël chez les parents de ma belle-mère, c'est un peu bizarre car ils vivent chez les Moldus. Je crois que c'est la première fois que j'en rencontrent. Ils parlent de la guerre et même si j'avais entendu des élèves en discuter dans les couloirs (je ne peux pas continuellement ignorer leurs bavardages), je n'étais pas au courant que c'était aussi grave, nous avons tout de même de la chance d'être de familles sorcières.
J'espère avoir de tes nouvelles très vite, j'espère aussi que Morgane ne se perdra pas cette fois. Cette chouette peut être tellement stupide parfois !

A bientôt !
Una
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Gillean Farquharson
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d'Alchimie

Date d'inscription : 27/07/2014
Messages : 268

MessageSujet: Re: Una   Jeu 14 Jan - 19:15



Bonjour, je suis Gillean "Beardy" Farquharson, le neveu du cousin du petite-fils de la soeur du grand-père de l'oncle du cousin au 3ème degré de ton personnage (ça va, tu suis ?) en charge des validations.

Ma foi, rien à redire à ta fiche (en-dehors du fait que ton pauvre perso en a vu des vertes et des pas mûres, pauvre gosse QAQ) : bien écrite, claire, complète, peu de fautes... Impeccab' ! Une vraie Serdaigle, curieuse et introvertie comme il faut :'D

Du coup, on te valide gaiement ! Maintenant, il est temps de prendre ton envol, petit pig... aigle ! Va RP !



Félicitation, les portes du forum te sont désormais grandes ouvertes ! Si tu souhaites te présenter un peu plus personnellement à la communauté, n'hésite pas à te présenter en tant que joueur. Tu peux également poster ta fiche de relations et la compléter. Ne sois pas timide et demande des liens avec d'autres personnages ! Si tu cherches un partenaire pour RP pourquoi ne pas répondre à l'une des demandes ou poster la tienne dans les "recherches "? Et avant de fuir, n'oublie pas de remplir ton profil !


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