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 Ysengrim Rhys

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Ysengrim Rhys
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MessageSujet: Ysengrim Rhys   Mar 23 Déc - 21:14

Ysengrim Rhys

Je suis passé de l’autre côté des sombres nuées, et j’ai vu ce qui brillait tant par-delà le ciel... le firmament. Le firmament gonflé d’orages.


Genre :
Masculin.
Âge :
44 ans (né le 16 novembre 1898).
Métier :
Mercenaire.
Lieu de résidence :
Maison de Mrs Valentyne, Londres.
Personnage ou auteur de l'avatar :
Kamden, de Gnosis, par Noiprox (DeviantArt).

Familier :
Nuit Noire, un Terre-Neuve au pelage couleur de suie, mais il s'agit plus d'un "compagnon occasionnel" que d'un véritable animal de compagnie. Disons que les deux s'entendent à merveille, mais qu'ils vivent leur vie chacun de son côté.
Baguette :
Bois de pin, ventricule de dragon, 31,5 cm, extrêmement rigide.
Patronus :
Un ours.
Epouvantard :
Un soldat britannique au visage défiguré par les gaz de tranchées.
Amortentia :
Mélange d’odeurs de forêt sous la pluie, de sueur de loup et de whisky pur malt .

Taille :
1,80m.
Corpulence :
Imposante : Ysengrim est un homme de haute taille, musclé, solidement charpenté et endurci par des années de lutte.
Cheveux :
Bruns, tirant sur le gris.
Yeux :
Ambrés.
Signes distinctifs :
A une fâcheuse tendance à se transformer en un certain type de canidé particulièrement agressif à chaque pleine lune… Sinon, présente un goût surprenant pour la viande crue. Arbore de nombreuses cicatrices sur tout le corps. Possède une excellente maîtrise des méthodes de combat moldues.
Style vestimentaire :
Sobre et pratique. Porte surtout des chemises épaisses et résistantes, des gilets rudimentaires et de solides imperméables de cuir. S’adapte à toutes les situations.

Qualités :
Grande force physique, réflexes affûtés, vif et indépendant d’esprit, débrouillard, courageux, déterminé, rusé, perspicace, loyal à ses amis.
Défauts :
Rancunier, amer, aigri, méfiant, froid, rugueux, dépressif, sujet à des accès de brutalité, taciturne, austère.
Préférences :
La solitude, la tranquillité, les endroits reculés, la discipline, la solidarité.
Antipathies :
Les sorciers et les moldus en tant que communautés, la foule, les milieux urbains, les m’as-tu-vu, les donneurs de leçon, les ségrégationnistes.

Que pensez-vous de la situation politique actuelle ?
Pour Ysengrim, le monde des sorciers, comme celui des moldus, n’est qu’un creuset d’iniquités et de corruption à l’écart duquel il est préférable de se tenir. Que l’Europe et, cette fois-ci, la planète entière se soient embrasés en une guerre stérile et meurtrière ne l’étonne en rien : il en a déjà fait une, pour sa part, et a bien compris que l’Histoire ne ferait jamais que se répéter. Sang-pur, sang-mêlé… Tout cela ne veut rien dire, pour lui . Ils peuvent bien se taper dessus dans leur lutte pour le pouvoir, quand il s’agit de le définir comme un monstre, soudainement, ils se mettent à nouveau d’accord. Pour Ysengrim , le monde peut bien brûler, tout ce qu’il demande, c’est de ne pas être happé par les flammes.  

Réputation :
Toute sa vie, Ysengrim a été rejeté pour ce qu’il est : d’abord par sa famille, ensuite par la société… Initialement blessé par ce comportement, il a fini par se faire une raison et enterrer sa peine sous une couche d’indifférence. Il garde néanmoins en mémoire toutes les insultes qui lui ont été faites. Il est donc perçu par ceux qui le connaissent peu comme un individu solitaire, sinistre et mystérieux. Ceux qui sont au fait de sa nature de loup-garou ne s’en étonnent pas. Après, la perception que les gens vont avoir de lui dépend avant tout de leur opinion sur les loups-garous : la plupart le perçoivent avant tout comme un monstre qu’il faut éviter à tout prix. Ses rares amis savent néanmoins que derrière son apparente sauvagerie se cache un être fiable et dévoué.

Projets :
Dans l’immédiat, sa préoccupation essentielle est de trouver de quoi croûter et un endroit où dormir à peu près au sec. Il ne se projette pas au-delà.

Famille  :
Ysengrim est en froid avec sa famille depuis qu’il a été mordu par un loup-garou à l’âge de douze ans. Son père, Isidor Simpson, était médicomage ; il est décédé lors du naufrage du Titanic, non sans avoir sauvé  de nombreux Moldus. Sa mère, Ember, veuve depuis de longues années, vit toujours au Pays de Galles. Il a une sœur, Evelyn, avec laquelle il essaya en vain de renouer un lien dans les années vingt, ainsi que trois neveux et deux nièces qu’il n’a pour l’instant jamais rencontrés, à l’exception de l’aîné, Charlie, qu’il a vu bébé. Il a également eu un fils caché avec Adelheid Kleinprinz, la femme de l’un de ses employeurs, mais il l’ignore encore.
Statut de sang : sang-mêlé.

Histoire :
Just follow the scent.
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Ysengrim Rhys
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MessageSujet: Re: Ysengrim Rhys   Mar 23 Déc - 21:29



“Any soldier will tell you, if he tells the truth, that proximity to death brings with it a corresponding proximity to life. After a firefight, there is always the immense pleasure of aliveness. The trees are alive. The grass, the soil—everything. All around you things are purely living, and you among them, and the aliveness makes you tremble. You feel an intense, out-of-the-skin awareness of your living self—your truest self, the human being you want to be and then become by the force of wanting it. In the midst of evil you want to be a good man. You want decency. You want justice and courtesy and human concord, things you never knew you wanted. There is a kind of largeness to it, a kind of godliness. Though it’s odd, you’re never more alive than when you’re almost dead. You recognize what’s valuable. Freshly, as if for the first time, you love what’s best in yourself and in the world, all that might be lost.”
― Tim O'Brien, The Things They Carried




Dans la rubrique « naissances » de la Gazette du sorcier en date du 16 novembre 1898, on pouvait lire que M. Isidor Simpson et son épouse, résidant à Aberdaron, Pays de Galles, étaient heureux d’annoncer la venue au monde de leur fils Ysengrim, robuste bébé en pleine santé. Ces termes, pour banals qu’ils fussent, n’en étaient pas moins vrais : rien, dans la naissance du petit garçon, ne pouvait laisser présager, de près ou de loin, les malheurs qui s’abattraient sur lui plus tard dans sa vie. Au contraire, tout semblait présager un futur radieux.

Elevé dans une famille aisée, entre des parents attentionnés et une petite sœur, Evelyn, qu’il adorait et qui l’adorait, Ysengrim semblait promis à un avenir vierge de tout nuage. Après une enfance sans souci, qu’il soit matériel ou moral, le jeune homme fit son entrée à Poudlard, où il fut envoyé dans la maison de Gryffondor. Les deux années qu’il y passa se révélèrent des plus prometteuses, Ysengrim décrochant d’excellents résultats et faisant l’objet de chaleureuses louanges de la part de ses professeurs comme de ses camarades. Ses parents étaient extrêmement fiers de leur fils. Mais ils en vinrent aussi à placer en lui plus d’attentes qu’il n’était raisonnable de le faire : pour eux, il était évident que leur héritier était destiné aux plus hautes fonctions, qu’il apporterait gloire et fierté à ses géniteurs. L’idée de son échec ne leur serait même pas venue à l’esprit. La désillusion n’en fut que plus dure à avaler, et sans doute faut-il y voir l’explication de l’attitude dont allait par la suite faire preuve Isidor Simpson.

C’est durant les grandes vacances de 1911 que survint l’évènement qui allait changer à jamais la vie d’Ysengrim : le soir de la pleine-lune de juillet, le garçon était parti s’aventurer nuitamment dans les bois qui entouraient la maison de ses parents, ainsi qu’il en avait l’habitude. Mais ce qui n’était d’ordinaire qu’un jeu innocent destiné à se faire peur allait se transformer en farce tragique : cette nuit-là, en effet, un loup-garou en maraude errait dans ces mêmes bois, et… arriva ce qui devait arriver : le loup-garou sentit la trace du jeune garçon et, affamé de chair humaine, l’attaqua sauvagement, le laissant saignant, inconscient et marqué de profondes traces de crocs sur le bras. Il ne fut retrouvé que le lendemain matin par son père, et resta dans le coma pendant plusieurs jours. Ce n’est qu’à son réveil qu’il put décrire son assaillant, forçant ses parents à l’horrible conclusion suivante : leur fils avait été attaqué par un loup-garou, et ces cicatrices qu’aucun sort ne semblait pouvoir effacer ne pouvaient signifier qu’une chose : il était devenu l’un d’entre eux.

Ysengrim ne découvrit jamais l’identité de son agresseur, ni, par conséquent, quels étaient ses motifs. Etait-ce l’œuvre de l’un de ces extrémistes qui, venue la pleine lune, se plaçaient délibérément près des foyers d’habitation pour contaminer les humains ? Ou bien n’avait-il été que l’infortunée victime d’un malheureux concours de circonstances ? Encore à ce jour, il ne peut que se perdre en conjectures.

Comme on pouvait s’y attendre, l’évènement fut vécu comme un véritable traumatisme par la famille d’Ysengrim autant que par lui-même ; ses parents, en particulier, étaient anéantis : leur fils prodigue, si jeune, si talentueux, si prometteur, en lequel ils avaient placé de si hautes espérances… était un devenu un monstre, un être qui, une fois par mois, se transformait en bête sanguinaire et décérébrée. Dans un premier temps, ils décidèrent de faire comme si rien ne s’était passé : ils affectaient de traiter Ysengrim comme ils l’avaient toujours traité et, à la pleine lune, il était enfermé dans la remise, laquelle était verrouillée par de solides enchantements.

Mais l’enfant n’était pas dupe : il avait reçu pour instruction de ne parler de sa condition à personne, et il savait que ses parents n’avaient mis qu’une quantité infime d’individus au courant de sa… « mésaventure ». En outre, consigne lui avait été donnée de ne plus approcher de jeunes gens de son âge. Il dut  se rendre à l’évidence : sa famille le cachait, comme on cache un bâtard ou un oncle dérangé… De cet isolement, cependant, il aurait pu s’accommoder. Mais il ne lui fallut pas longtemps pour s’apercevoir qu’il n’y avait pas que cela qui avait changé : le regard que ses propres parents posaient sur lui n’était également plus le même. Dès qu’il avait le dos tourné, il les sentait qui l’observaient, le jugeaient… le craignaient. Plus d’une fois, il aperçut sa mère qui le regardait avec une expression d’effroi, puis détournait les yeux dès qu’elle se savait surprise, tandis que son père s’enfonçait peu à peu dans une froideur, une dureté, et même une mesquinerie qu’il ne réservait qu’à son fils.

Ce rejet hypocritement déguisé en prévenance fut bientôt insupportable à Ysengrim. Même sa petite sœur, dont il était si proche, le traitait avec une prudence, une timidité qu’il interprétait comme autant de signes de la crainte qu’il lui inspirait. Puis, arriva une nouvelle qui acheva de briser la confiance qu’il avait en sa famille : ses parents, par crainte de ne pouvoir le contrôler et, surtout, que son secret vienne à être découvert, avaient décidé de ne pas renouveler son inscription à Poudlard. Ce fut peut-être le coup le plus dur qui lui fut porté à cette époque de sa vie, et aussi celui qui le fit définitivement basculer : de ce jour, il prit la décision de quitter le foyer parental. Leur présence lui était devenue intolérable, et il savait que ce départ serait un soulagement pour eux également. Le reliquat d’affection qui lui restait le poussa néanmoins à réfléchir à une excuse pour ne pas trop les brusquer. Il n’eut cependant à chercher bien loin : lors de l’une de ses transformations, dans l’état d’inconscience qui caractérise ces périodes, il parvint à briser les enchantements qui fermaient la porte de la remise dans laquelle il avait été enfermé et à s’échapper. Fort heureusement, plutôt que de s’attaquer à la maison et à ses occupants, il partit vers les bois qui bordaient la propriété, et les seules victimes de cette soirée furent de malheureux lapins insomniaques. Mais l’incident n’en constituait pas moins un signal d’alarme, et eut le mérite de faire consensus autour du fait qu’Ysengrim devait partir. Il quitta donc la maison l’après-midi même pour se perdre dans l’inconnu, laissant derrière lui sa mère et sa sœur en larmes, et son père, froid comme le souffle d’un détraqueur. Il ne pardonna d’ailleurs jamais à ce dernier le mépris dans lequel il avait été si prompt à enfermer celui qu’il avait cessé de considérer comme son fils. Pour se démarquer de cet homme avec lequel il ne souhaitait plus avoir le moindre rapport, le garçon abandonna le patronyme qui avait été le sien et se fit dorénavant appeler Ysengrim Rhys, reprenant le nom de jeune de fille de sa mère. Quand il apprit la mort de son père lors du naufrage du Titanic quelques mois plus tard, il accueillit la nouvelle avec un détachement vaguement intéressé.

Désormais sans attache ni foyer, craint par sa famille autant que par l’ensemble de la communauté magique, qui ne voyait en lui qu’un paria porteur d’une hideuse maladie, Ysengrim se mit à errer à travers le Pays de Galles et l’ouest de l’Angleterre, se nourrissant comme il le pouvait, prenant des petits boulots par-ci, par-là, souvent chez des Moldus, car il avait encore la Trace sur lui et ne pouvait utiliser ses pouvoirs, et ne restant jamais bien longtemps au même endroit afin de ne pas attirer l’attention. Ses parents n’avaient en effet pas déclaré sa lycanthropie au ministère, et il n’avait aucune envie que cela se sache. Après plusieurs années de faim, de bagarres de rue et, plus généralement, de morosité, il finit par atteindre l’âge de dix-sept ans et la Trace lui fut retirée. A partir de cette époque, l’utilisation intensive qu’il commença à faire de la magie lui facilita un peu la vie.

Quelques mois après sa majorité, il débarqua de façon totalement fortuite dans le port gallois de Caernarfon. Une ville comme tant d’autres : froide, grise, triste… Mais qui présentait néanmoins une particularité : elle abritait une caserne du Royal Welch Fusiliers, où de nouvelles recrues recevaient un entraînement intensif en vu de leur départ pour le front, en France ou en Belgique.

Au début, Ysengrim ne comprit pas ce que faisaient ces hommes. Pourquoi défilaient-ils au pas ? pourquoi rampaient-ils dans la boue ? pourquoi trouaient-ils des cibles avec ces étranges bâtons qui crachaient un risible jet de flammes ? Tout cela lui échappait, mais il les regardait faire, fasciné.

A force d’observations, il finit par comprendre ce qu’était l’armée de Sa Majeste le roi Georges V : un endroit dur, brutal, impitoyable, mais où toutes les différences étaient gommées, les particularités, effacées, les déviances, oubliées. Peu importait votre passé, l’armée en faisait table-rase. Là-bas, on ne posait pas de question indiscrète : la seule chose qui vous était demandée, c’était de saisir un Lee-Enfield et d’aller tuer des allemands. Ni plus, ni moins. C’était le lieu de l’oubli, le lieu du renouveau. Le lieu idéal pour Ysengrim.

Après avoir passé quelques semaines à étudier leurs habitudes et leur comportement, trichant sur son âge, il décida de tenter sa chance chez ces moldus si particuliers. Au bout de deux ans de guerre, les recruteurs n’étaient plus guère regardants quant aux candidats qui se portaient volontaires.  Son engagement ne fut qu’une formalité, rendue plus aisée par un petit sortilège de confusion. En moins de temps qu’il n’en fallait pour le dire, Ysengrim était devenu un soldat de Sa Majesté, prêt à mourir pour son pays et pour son roi. Au milieu de ses nouveaux camarades, pour beaucoup aussi rugueux et endurcis que lui, il apprit le maniement des armes moldues : pistolet, fusil, baïonnette, dague… même les poings, tout y passa. Les instincts de chasseur liés à sa condition firent vite de lui le meilleur tireur de sa section.

L’entrainement fut bientôt fini, et le détachement d’Ysengrim, après avoir traversé la Manche, fut envoyé en première ligne sur le front des Flandres. Là, seul magicien au milieu de tous ces moldus, le jeune sorcier découvrit sans ambages ni préavis les horreurs de la guerre. Les pilonnages d’artillerie, les corps-à-corps dans les tranchées, les gaz contre lesquels il utilisait un Têtenbulle mais dont il ne pouvait sauver ses camarades… tout cela se grava en lui pour former des souvenirs dont il savait qu’ils ne s’effaceraient jamais. Il vit l’épouvante, l’épouvante sans nom, l’épouvante indescriptible, il la vit dans toute son abominable plénitude, grossière, brutale, indécente, et, à son propre étonnement, il n’en ressortit pas brisé, comme tant de ses compagnons d’arme ; au contraire, il eut le sentiment d’avoir trouvé sa place parmi toute cette violence, toute cette barbarie. Il comprit que toute son existence depuis sa morsure et son rejet par sa famille n’avait tendu qu’à l’amener ici et maintenant, et que ce monde d’horreur et de dépravation morale qu’il découvrait était le sien, non pas parce qu’il était lui-même horrible et dépravé, mais parce qu’il pouvait, contrairement aux autres, côtoyer l’abîme sans y sombrer, car il y succombait et en revenait déjà à chaque fois que la lune était à son plein dans le ciel. La société lui reprochait d’être un monstre, mais, dans la boue des tranchées, c’était l’humanité entière qui se rabaissait –sciemment et sans regret – au niveau qui était le sien lors de ses transformations. La guerre l’avait aidé à atteindre une forme d'estime de soi-même en lui révélant que ce n’était pas lui qui était différent, mais uniquement les humains qui se mentaient à eux-mêmes. De ce jour, la honte d’être un loup-garou se mua d’abord en indifférence, puis, sans doute par dérision, en une forme de fierté féroce et ironique.

Cette acceptation de soi-même et de sa destinée mit Ysengrim à l’abri de la plupart des craintes qui agitent habituellement le guerrier au combat. Son efficacité s’en trouva décuplée. Tous les mois, à la pleine-lune, il se portait volontaire pour une mission de reconnaissance derrière les lignes ennemies. Et tous les mois, le matin qui suivait la pleine-lune, les guetteurs gallois signalaient le retour du soldat Rhys, couvert de sang et de blessures, parfois nu comme un ver, mais bien vivant. Il s’enfermait quelques minutes avec le lieutenant Ferris, le temps de faire un rapport dont personne ne savait jamais rien, puis il allait dormir. Il restait allongé une journée entière, puis il reprenait le service régulier. Personne, dans l’unité, ne songeait à s’étonner ni à se formaliser d’un tel comportement : les hommes étaient trop heureux de pouvoir compter sur ce camarade solide, endurant, fiable, toujours volontaire pour les coups durs et, qui plus est, qui semblait porter bonheur, tant étaient faibles les pertes autour de lui. Les quelques bleusailles ou gradés en inspection qui pouvaient s’étonner de cet étrange état des choses faisaient l’objet d’un discret sortilège d’oubliette, et plus aucune question n’était posée.

Ysengrim termina la guerre avec le grade de sergent et le Distinguished Service Order pour ses exploits sur le champ de bataille. Son temps dans l’armée avait été, malgré la guerre, la meilleure période de sa vie depuis sa morsure : il y avait rencontré une discipline, une camaraderie, une solidarité qu’il avait toujours cherchées et qui lui plaisaient. A l’armistice, il considéra longuement la possibilité de renouveler son engagement. Mais il réalisa bien vite que c’était là un projet insensé : avec la paix, les gens allaient recommencer à poser des questions, à se demander pourquoi le sergent Rhys se faisait porter pâle tous les mois à la même période, ou bien pourquoi il refusait toujours de manger des crudités au mess… Ysengrim  comprit que le moment était venu de tirer sa révérence. Le monde des Moldus, une fois revenu à la normale, ne valait pas mieux que celui des sorciers : les monstres que l’on était trop heureux d’envoyer servir de chair à canon en temps de guerre redevenaient les parias qu’ils n’avaient jamais cessé d’être en temps de paix. Qu’ils brandissent des baguettes ou des fusils, les hommes se valaient tous, telle fut la triste conclusion à laquelle parvint Ysengrim.

A nouveau privé de foyer, ses compagnons d’arme restés dans un monde qui n’était plus le sien, le loup-garou résolut de se faire mercenaire : puisque c’était dans la violence et le combat qu’il avait trouvé ce qui ressemblait le plus à une raison d’être, alors il continuerait à vivre par la violence et le combat. Si la société voyait en lui un déviant, alors autant qu’il assume ce statut jusqu’au bout.

Avec une Europe entière à reconstruire, les opportunités d’emploi ne manquaient pour un homme (enfin, pas tout à fait un homme) comme Ysengrim, habitué à vivre durement et prêt à se salir les mains contre quelques gallions. Quand son régiment fut rappelé en Grande-Bretagne, il donna donc son congé de l’armée et resta sur le continent pour se livrer à sa nouvelle activité. Dans les années qui suivirent, il fut tour à tour garde du corps pour de riches sorciers, briseur de sorts, trafiquant de whisky Pur-Feu, de tapis volants, d’œufs de manticore et de tout un tas d’objets illicites, agent de sécurité pour divers ministères, voleur, homme de main, chercheur de trésors, dresseur de trolls de garde… Ysengrim faisait ce qu’il trouvait, là où il le trouvait et quand il le trouvait. N’ayant plus rien à se prouver, il n’eut bientôt plus comme préoccupation essentielle que de trouver de quoi se nourrir et des endroits où dormir. Tout le reste perdit peu à peu de son importance. Les quelques femmes qu’il connut ne firent que passer dans sa vie ; même s’il en aima certaines, il ne voulait leur imposer sa condition. Il n’avait pas honte de ce qu’il était, mais il ne se faisait pas non plus d’illusion : son affliction serait un boulet qui empêcherait toute vie familiale.

Il n’oublia pas complètement sa vie antérieure, cependant, et, au bout de quelques années, profitant d’un travail qui l’avait amené à se rendre en Grande-Bretagne, il décida sur un coup de tête d’essayer de renouer le contact avec sa sœur. Celle-ci était mariée, désormais, et venait tout juste de donner naissance à un premier fils, Charlie. La rencontre ne se passa bien : après tant d’années, le frère et la sœur ne savaient plus quoi se dire, et, surtout, Ysengrim comprit qu’il n’était pas le bienvenu, précisément à cause de ce petit être joufflu et rieur qui s’agitait dans son berceau à côté d’eux :  Evelyn craignait pour son fils, elle craignait que son oncle ne lui transmette sa maladie, que son aigreur se reflète sur lui, que son passé aventureux ne soit une mauvaise influence… Bref, elle ne voulait pas de lui, elle ne voulait plus de lui.

Une fois encore déçu par sa famille, Ysen, plus amer que jamais, reprit sa vie d’errances et d’incertitudes. Ses voyages le portèrent aussi loin que l’Afrique du Sud et le Moyen-Orient, toujours pour remplir des contrats divers et variés, souvent illégaux. Parmi ses employeurs figuraient MM. Borgins et Burke, qui le commissionnèrent à plusieurs reprises pour rechercher des artefacts disparus, voire, parfois, aller rappeler leurs engagements à des mauvais payeurs. C’est par leur intermédiaire qu’il fit la connaissance d’un jeune allemand passionné d’archéologie et d’histoire, Armin Edelstein. Celui-ci lui fit part d’une curieuse histoire : depuis de nombreuses années, il recherchait, en tant que collectionneur, un artefact disparu et extrêmement précieux : une pierre censée permettre de communiquer avec l’au-delà, de découvrir le royaume des morts. Mais jusqu’à présent, ses efforts avaient été vains et, pris par d’autres obligations, il cherchait quelqu’un pour le seconder dans cette tâche. Ysengrim lui avait été recommandé comme chasseur de trésors par plusieurs personnes. Ce dernier ne vit dans cette quête que la lubie d’un mystique qui cherchait à comprendre ce qui le dépassait, mais il n’était pas là pour juger : cet Edelstein lui proposait un job, qui plus est fort bien payé, et Ysengrim, en tant que professionnel, était décidé à le mener à bien. Son employeur lui demanda cependant de garder la plus grande discrétion sur ses démarches et de n’en parler à personne ; il lui recommanda même de trouver un autre emploi pour détourner tout soupçon. Ysengrim avait l’habitude de ce genre d’individus et ne s’étonna pas de ces exigences. La discrétion était la qualité première du mercenaire.

Ysengrim rentra donc une nouvelle fois en Grande-Bretagne pour entamer ses recherches. Afin de s’assurer une couverture et un revenu, il se fit engager par un riche excentrique du nom de Pactole Mackay, lui-même collectionneur, qui cherchait un homme qui lui servirait à la fois de chineur et de garde du corps lors de négociations musclées. Ce boulot plut beaucoup à Ysengrim : bien payé, relativement peu exigeant, intellectuellement stimulant… Pactole l’envoyait fréquemment à l’étranger récupérer telle ou telle antiquité qu’il avait repérée et souhaitait acquérir sans avoir à se fatiguer lui-même. En parallèle, le loup-garou continuait à glaner tous les renseignements qu’il pouvait sur la fameuse pierre.

Au retour d’une mission en Afrique, cependant, une surprise attendait Ysengrim : Pactole avait été arrêté par la Brigade de Police Magique pour recel et complicité de vol, et était maintenant en train de purger une peine de deux ans à Azkaban.  Le mercenaire était désormais sans emploi officiel, mais toujours à la recherche de la mystérieuse pierre que convoitait l'Allemand.

Ysengrim en est donc là, aujourd'hui : sans revenu ni logement fixes, il lui faut maintenant trouver un nouveau job. Edelstein a beau dire, le plus important reste encore de passer la nuit. Toutes les nuits. La nuit dans laquelle il est plongé depuis trente ans... Mais avec le temps, l'obscurité est devenue son amie. Son amie, son refuge, son arme aussi... Il ne la craint plus, il la cherche, il l'embrasse. Il sait qu'elle n'est ni bonne, ni mauvaise, comme les gens le croient. L'obscurité est à son image : elle est libre. Et cette liberté est la seule chose pour laquelle il soit prêt à donner sa vie. Comme la bête sauvage que les gens voient en lui. Comme un loup. Comme un homme.

Ysengrim est prêt.
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MessageSujet: Re: Ysengrim Rhys   Mer 24 Déc - 11:49




Bonjour, je suis Aeris Lavender, administratrice. Je suis également responsable de ta validation.

Parfaite fiche, bien que l'histoire soit extrêmement longue (tu m'as tuée d'ailleurs xD)!


Un mercenaire loup-garou~ Un bon ami pour Virgile moi je dis =D
Allez, les portes du monde des sorciers te sont ouvertes, n'oublie pas de remplir ton profil, de poster ta petite fiche de relations et de rp!  <3
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Ysengrim Rhys
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MessageSujet: Re: Ysengrim Rhys   Jeu 25 Déc - 17:51

Oh, merci pour la validation rapide o_o ! Moi qui croyais qu'une fiche de cette longueur allait devoir faire l'objet de tout un tas de modifications =D ! Et oui, désolé pour la taille... Et pourtant, j'ai fait la version la plus courte, crois-moi ! Merci de m'avoir lu jusqu'au bout, et désolé de l'épreuve panda

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Ysengrim Rhys
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MessageSujet: Re: Ysengrim Rhys   Mar 24 Mar - 10:31

Date de naissance et lieu d'habitation précisés, et... ma foi, c'est tout, mesdames les admins :)

Aileen : Vu ♥

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