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 [1943 - Juin] De l'amertume d'un repas impromptu

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MessageSujet: [1943 - Juin] De l'amertume d'un repas impromptu   Sam 16 Mai - 3:22

Juin 1943

Une rencontre impromptue,
deux enfants séparés par l'aigreur d'une famille,
rancœur, colère et incompréhension,
un repas au goût de cendre

Let's take a ride !
C'est d'une démarche élégante que Pénélope franchit les portes du Chaudron Baveur pour découvrir une salle bondée où régnait le bourdonnement incessant de conversations entrecoupé de gloussement de femme et d"éclat de rire enfantin. Merlin ! tout le Royaume-Uni s'était-il décidé à déferler sur les lieux public le même jour ?

Pénélope marcha donc d'un pas quelques peu virevoltant pour se frayer un chemin au travers la foule rassembler ici et réussir à atteindre le bar. Eviter de marcher sur les pieds des uns et les sac des autres n'était pas chose facile. Heureusement, Pénélope se félicitait de ces réflexes aiguiser par la conduite du Magicobus. C'est donc sans embuche que la jeune femme réussit à atteindre le bar où se trouvait le gérant servant quelques boisson.

"Bonjour Tom, comment allez vous aujourd'hui ?" salua t'elle avec bonne humeur et un agréable sourire sur ces lèvres délicatement peintes. "Je vois qu'il y a autant de monde ici qu'il n'y en a eu toute la matinée dans mon bus !"

Il n'était pas rare que la jeune femme choisisse de profiter de sa pause midi pour venir profité du repas rapidement servit que proposait l'établissement. Et aujourd'hui ne dérogeait pas à la règle. C'est donc avec sa casquette à la mains et toujours vêtue de son uniforme violet quelque peu arrangé par ces soins qu'elle venait prendre une table pour déjeuner.

"Bonjour Pénélope ! Effectivement, c'est une journée bien remplit ! Un plat du jour vous tenterait-il ? Elly a préparer du pâté de viande avec des haricots. Je n'sais trop s'il reste une table de libre cependant."

Pénélope lui sourit, affirmant qu'elle saurait se contenter d'un petit bout de table. C'était un bonne journée et la jeune femme n'avait pas l'envie de se prendre la tête pour si peu. Peut être qu'elle pourrait faire une bonne rencontre.

C'est donc quelques instant plus tard que Pénélope se retrouva à suivre Elly en direction d'une table où elle pourrait se déjeuner.

"C'est fort aimable à vous d'accepter de partager votre table, jeune homme." remercia joyeusement la petite femme rondelette. "Je vous laisse donc vous installer Pénélope, je vous apporte vos plats tout de suite avec une bière au beurre."

Elly repartie aussi vite qu'elle était venue, laissant Pénélope le loisir d'observer le "jeune homme de dos. Sa silhouette lui sembla familière sans qu'elle n'arrive à mettre le doigt dessus. La conductrice fit donc son plus beau sourire et s'avança pour rejoindre la chaise libre face à celui avec qui elle allait partager son repas.

'Bonjour, j'espère que Elly ne vous ..."
commença Pénélope avant de s'arrêter nette dans son élan, ces yeux s'écarquillant juste quelque seconde avant qu'elle ne reprenne le contrôle de ces émotions.

Effectivement, familière était un mot proche. Connu était le mot juste. Sans se répartir de son sourire, bien que totalement figer à présent, Pénélope observa l'expression de son cousin qui semblait tout aussi surprit par cette rencontre impromptu.

"Arthur Griffith Weiss... Cela faisait bien longtemps"

Sa voix avait perdu cette joyeuseté que l'on pouvait entendre quelques secondes plus tôt mais elle n'en était pas pour autant froide. Merlin, Pénélope était déstabilise et ne savait trop comment réagir face à Arthur. Garder le sourire était pour le moment sa meilleur option.

"Je dois dire que c'est une surprise. J'espère que tu m'excusera ainsi de venir à ta table mais il ne semble pas y avoir d'autre place."

Sans attendre de réponse, Pénélope écarta sa chaise d'un geste impérieux et s'y assit avec délicatesse en lissant d'un geste quelque peu vif sa jupe. Sa nervosité avait soudainement monté en flèche. Oh, elle était bonne pour ne pas la laisser trop transparaître, des années de pratique du "masque' était un bon entrainement. Mais tout de même.

"Et bien, mon cher cousin, c'est un plaisir de te revoir."

Pénélope voulut se mordre la langue. Que de sarcasme en une seul phrase. Les mauvaises habitudes revenaient au galop : attaqué avant pour dominé, pour se protégé. En vérité, Pénélope aurait voulu l'ignoré et simplement manger rapidement son repas. Mais la présence d'Arthur la troublait. Il lui rappelait se sentiment d'insécurité datant de Poudlard et même avant cela.
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A Griffith Weiss
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MessageSujet: Re: [1943 - Juin] De l'amertume d'un repas impromptu   Dim 24 Mai - 1:09

« De l'amertume d'un repas impromptu. » xPénélope Weiss


Il avait sacrifié 25$ à un barbier moldu en échange d'un rasage et d'une égalisation de ses cheveux mal entretenus et avait ressorti pour l'occasion l'une de ses robes. Il ne les portait guère depuis sa sortie de prison. C'étaient les robes d'Arthur Weiss, le sang-pur, le fils prodige, l'héritier que l'on rencontrait dans les soirées mondaines de la meilleure société sorcière... pas celles d'un clochard errant dans l'Allée malfamée des Embrumes, acceptant n'importe quelle besogne pour vivre. Pas celles de Griffith. Mais Griffith, ce matin là, était redevenu Arthur et s'était paré une nouvelle fois comme un sorcier de noble sang devrait le faire. Debout, raide comme un piquet devant le miroir sale il s'était longuement observé sans se reconnaître, dévisageant ce drôle d'étranger aux épaules carrées que la robe sur-mesure faisait paraître plus grand, plus droit, plus digne...
On aurait dit un déguisement. Un drôle de costume.
C'était lui. Ç’aurait dû être lui. Ç’aurait dû être naturel. Il avait le trac, se sentait imposteur, pensait jouer la comédie et devoir tromper son monde avant de se souvenir qu'il était bien celui qu'il prétendait être. Arthur Weiss. C'était son nom.
Un instant il se demanda qui était Griffith et pourquoi il avait endossé ce rôle plutôt que de reprendre la vie qu'on lui avait arraché quatre ans plus tôt. Il avait pris la fuite. S'était caché au plus profond de l'Allée des Embrumes. S'était paré d'un costume de voyou, de partisan... Une grimace lui tordit les lèvres; Arthur Weiss et le rôdeur Griffith avaient un point commun: des mendiants. Au final, c'est tout ce qu'il restait. La seule vérité, quel que soit le costume qu'il enfilait. Son identité.
Le mendiant.
Il s'éloigna furieusement du miroir, glissa la baguette de tremble, blanche comme un os, dans la poche de sa robe bleue-nuit et transplana en soulevant un nuage de poussière dans l'appartement minable.

Le mendiant. C'était sa seule certitude puis c'était devenu un combat. Depuis sa sortie de prison il avait fait son possible pour amasser un petit butin qu'il gardait à l'abri dans un coffre à sept serrures sur lequel Zach lui-même n'avait jamais posé les yeux. Il avait vécu dans la misère et conservé la moindre mornille à l'abri dans l'espoir qu'un jour cet argent pourrait être investi, mis à profit pour démarrer une nouvelle vie. Aujourd'hui, il espérait poser la première pierre de ce qui serait sa fortune. La fortune des Weiss.

Il apparu dans un cul-de-sac du Chemin de Traverse et hésita un instant avant de gagner la rue principale. Dans sa poche se trouvait la liste de tous les anciens partenaires commerciaux de la famille Weiss, à l'époque ou le recel de marchandises Gobelines n'était pas condamné par le Ministère. Il n'avait certes pas l'intention de se lancer dans le pillage d'art Gobelin, mais les dernières années passées dans l'Allée des Embrume avaient permis à Griffith de faire connaissance avec des hommes de tous genre et il avait quelques idées pour relancer le commerce familial... C'était son rôle, après tout, en tant qu'héritier des Weiss. Il fit cinq arrêts durant la mâtinée; deux des boutiques qu'il avait compté visiter avaient fermé depuis, mais trois étaient encore ouvertes et il passa quelques heures à parler affaire avec les gérants qui se souvenaient vaguement avoir travaillé pour la famille Weiss, deux générations plus tôt. Il se donnait l'air plus à l'aise qu'il ne l'était vraiment et ces trois entretiens mirent ses nerfs à rude épreuve, si bien que lorsqu'il quitta le dernier d'entre eux, il se sentait aussi épuisé qu'après une journée de travail dans l'Allée.



Dans ces conditions, faire un arrêt au Chaudron Baveur pour se gratifier d'un bon repas chaud avait semblé une excellente idée... Il était assez bien vêtu pour qu'on ne le regarde pas de travers et on lui trouva même une table où s'assoir seul, malgré le nombre déconcertant de clients. Durant les quelques minutes qu'il fallut à la serveuse pour lui trouver une assiette de haricots, Griffith savoura le plaisir simple d'être attablé dans une auberge de qualité, sans qu'on ne questionne son apparence où qu'on le regardât de travers. Il avait oublié à quel point être Arthur Weiss pouvait être agréable... Un instant il se demanda même si les gens se souvenaient seulement qu'il avait été incarcéré? S'en souciaient-ils? Si ses tractations portaient leur fruit et qu'il parvenait à remonter un commerce honnête, peut-être pourrait-il retrouver sa place du bon côté de la société...
- Jeune homme? Monsieur?
Il sursauta et hocha distraitement la tête tandis que la serveuse posait devant lui une assiette fumante.
- Puis-je vous demander si cela vous dérangerait de partager votre table? Il y a une demoiselle qui vient d'arriver et j'ai bien peur que toutes les autres places soient prises...
- Aucun problème, je vous en prie.
Il avait répondu par réflexe mais après tout, il pouvait rêver pire qu'une jeune fille pour partager son repas. Et s'il était tout à fait honnête avec lui-même; il n'avait pas rencontré de jeune femme fréquentable depuis un certain temps et l'occasion ne se refusait pas...
Mais lorsque la femme en question se présenta à sa table, son enthousiasme le quitta brutalement.
- Pénélope.
Il s'agissait d'un constat, pas d'un salut, et elle lui fit payer son manque de politesse sans la moindre hésitation.
- Et bien, mon cher cousin, c'est un plaisir de te revoir.
-Plaisir partagé.
Tout cela suintait tant le mépris qu'il lui semblait en avoir plein la bouche. Il la jaugea d'un œil noir tandis qu'elle s'installait face à lui, puis son regard accrocha la teinte violet vif de l'uniforme qu'elle portait et ses lèvres se crispèrent.
- Une véritable honte que nous ne nous soyons pas revu plus tôt. Commença-t-il d'un ton qui trahissait le sarcasme. Je suis presque surpris de te voir côté sorcier du monde, à vrai dire, mais tout compte fait... Cet endroit n'est qu'à cheval entre les deux, c'est sans doute aussi loin des moldus que tu puisses l'être.
Il n'avait plus touché à son assiette et lorsqu'il s'en rendit compte, il ne trouva pas l'appétit de reprendre son repas. Il mourrait d'envie de décamper. Courir le plus loin possible. C'était finalement plus difficile qu'il ne l'avait cru, d'être Arthur Weiss. L'apparition soudaine de Pénélope venait de lui rappeler avec violence la raison pour laquelle il avait fui dans l'Allée des Embrume, et se présentait sous le simple nom de Griffith... Cette famille... Sa famille était un poison.


[HRP: omg pardon pour la longueur de l'introduction, je voulais en profiter pour mettre un peu en place les nouvelles tentatives de Griffith pour restaurer l'ancien réseau de contact des Weiss et je me suis laissée emporter >_<   J'espère que ça te va malgré tout, on va pouvoir commencer à s'envoyer des fions maintenant! :D ♥]
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MessageSujet: Re: [1943 - Juin] De l'amertume d'un repas impromptu   Lun 25 Mai - 14:34

Pénélope Weiss a écrit:
Juin 1943

Une rencontre impromptue,
deux enfants séparés par l'aigreur d'une famille,
rancœur, colère et incompréhension,
un repas au goût de cendre

Let's take a ride !
Dès les premiers échanges, Pénélope retrouvait le goût de cendre qui imprégnait sa bouche lors des repas familiale. Les hostilités étaient lancées, camouflées par un bonne épaisseur de miel. Que de mépris dans quelques mots... Pénélope en aurait ricané si cela n'allait pas à l'encontre de ces habitudes, seul son sourire se tordit légèrement d'amertume. Qu'ils avaient bien été éduqués. Que se soit elle ou Arthur, les automatismes étaient ancré en eux. Arthur ainsi vétu avait simplement l'air... d'avoir été estampillé Weiss. Quand à elle, la jeune femme aurait beau renier cette famille, elle s’appellerait toujours Pénélope Weiss.

Et il l'observait, là, assis devant elle, il la jaugeait avec l’œil vif des Weiss recherchant la moindre once de souillure, de faiblesse. Détestable. Pénélope, leva le menton, droite et força un sourire plus "naturel" sur ces lèvres. Un sourire plein d'impériosité, plein de confiance, plein de satisfaction. Un sourire qui lui appartenait, mais qu'elle avait bien du mal à garder devant cette individu. Son cousin était à cette instant, l'effigie même de l'héritier de la noble, ancienne et prestigieuse famille Weiss. Se même mépris au bord des lèvres, se même rictus, se même regard de dédains. Un Weiss.

"Une véritable honte que nous ne nous soyons pas revu plus tôt. Je suis presque surpris de te voir côté sorcier du monde, à vrai dire, mais tout compte fait... Cet endroit n'est qu'à cheval entre les deux, c'est sans doute aussi loin des moldus que tu puisses l'être."

Et le même sarcasme. Pénélope n'avait su emporter la mains sur la première joute trop prise dans son observation. Mais la jeune femme ne laissa rien paraître de cette constatation. Au contraire, son sourire s'agrandit. Elle n'avait pas honte de ces fréquentations. Il ne saurait la blesser ou la mettre mal à l'aise avec de tel pique.
C'était à son tour de riposter.

"Effectivement, c'est une honte. Je peux cependant comprendre que tu es été... retenu" dit-elle avec un léger sourire apparaissant promptement sur le dernier terme. "Je présume qu'ensuite tu n'étais plus dans les meilleurs dispositions pour rencontrer du monde."

Pénélope s'arrêta un instant, laissant sa petite réplique agir. L'emprisonnement de Arthur avait dû devenir un sujet tabou dans la famille. En vérité, sans trop vouloir l'admettre, elle avait été bouleversé en apprenant la nouvelle. Mais à présent, il était devant elle, grand, droit, propre sur lui tel l'héritier que sa tante avait toujours voulu avoir. La jeune conductrice ferma légèrement les yeux pour faire disparaître se souvenir avant de les rouvrir sur l'assiette de son cousin.

"Arthur, mon cher ! c'est très aimable à toi de vouloir m'attendre pour manger, mais je te conseil de commencer ton assiette avant que cela ne refroidisse de trop." s'exclama-elle en accompagnant ces paroles par un geste vague de la mains en direction de son assiette. Puis elle enchaîna directement. "Quand à tes interrogations vis à vis de mes déambulations entre le monde sorcier et moldu, je te rassure. Bien que cela ne m'aurait effectivement guère déranger de loger dans le Londres moldu, j'habite un jolie appartement sur le Chemin de Traverse. Mais j'apprécie manger une bonne assiette bien pleine dans ce lieux "à cheval entre les deux monde" selon tes termes."

Il n'était certes pas obliger de savoir qu'elle n'habitait pas "chez elle" mais chez Aileen. Bien qu'elle assume son mode de vie, Pénélope n'avait pas la moindre envie qu'Arthur s'en serve contre elle.

"Je suis cependant surprise de te voir aussi proche du monde moldu. Et pourtant tu es là, dans cette auberge, habillé tel l'honorable héritier de l'illustre famille Weiss. Ma chère tante doit être heureuse de te voir enfin devenir ce pour quoi elle t'a toujours destinée." Le mépris avait suinté avec une tel force qu'il en aurait dégouliner sur la table. Arthur n'avait jamais su prendre son destin en main. Une marionnette. Elle avait cru, à un moment qu'il réussirait à avoir cette force nécessaire pour s'imposer... "Je dois cependant t'informer que tu devrais mieux choisir tes robes, celle-ci est quelque peu passée de mode... Bien que je te rassure, un œil non connaisseur ne s'en serait pas rendu compte. J'espère que tu n'avais pas de rendez-vous important ce matin ?"

Pénélope lui offrit alors son plus beau sourire mielleux. La jeune femme pouvait se féliciter de n'avoir pas perdu la mains. S'attaquer à la misère de cette famille était certes facile, mais elle était sur de toucher un point sensible.

Elly arriva alors avec le reste des assiettes et avec un joyeux sourire aux lèvres leur souhaita un bonne appétit. Un sentiment d'amertume lui vrilla l'estomac, arriverait-elle au moins à manger quelques choses ? La bonne humeur de la patronne avait été un choc face à cette tension qui avait emplie l'air autour de la table. Elle se détestait à cette instant pour ce qu'elle disait. Mais le sort était lancer, il serait s'en doute impossible de l'arrêter. On ne pourrait alors plus que constater les dégâts qu'il causerait.

D'un geste gracieux, Pénélope prit sa serviette et la lissa sur ces jupes. Puis prenant ces couverts, elle adressa un regard à son cousin.

"Je te souhaite un bonne appétit, Arthur"

La première bouché de haricot lui laissa un goût de cendre dans la bouche. Tout deux, face à face, se regardant avec mépris et échangeant avec sarcasmes étaient bien loin de ces deux enfants apportant un peu de couleur au manoir Weiss. Cette famille apportait la putréfaction à tout ce qu'elle touchait.

[hrp : j'espère que ça ira ! Je me suis retenu de dire toutes les idées de piques qui me venaient en tête xD. Je les garde pour plus tard ;) Bon j'espère que je n'ai pas été trop vite dans le dialogue.]
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A Griffith Weiss
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MessageSujet: Re: [1943 - Juin] De l'amertume d'un repas impromptu   Sam 30 Mai - 22:29

« De l'amertume d'un repas impromptu. » xPénélope Weiss


Avaient-ils jamais été amis? Les souvenirs qu'Arthur Weiss conservait de sa petite enfance semblaient en attester et pourtant voila que, vingt ans plus tard, ils se jaugeaient avec mépris, chacun paré d'infecte suffisance au dessus d'une assiette de haricots. Pénélope et son bus moldu, Arthur et sa vie de paria... Aux yeux de leur famille, ils avaient tout fait de travers. Pourtant, les deux jeunes gens qui se mesuraient du regard dans le Chaudron Baveur étaient des Weiss, jusqu'à la moelle des os. Ils s'étaient battus, débattus pour échapper à l'emprise de cette odieuse famille et n'avaient réussi qu'à se conformer un peu plus à ses pires aspects. Ils étaient des Weiss. Infects. Empoisonnés.
La réplique impitoyable de Pénélope laissa Griffith muet. Personne ne l'avait confronté si directement au sujet de ses années de prison et, bien que six mois se soient écoulés depuis sa remise en liberté, il demeurait particulièrement sensible à ce sujet. Sa mâchoire se crispa furieusement. Il baissa les yeux sur son assiette de haricots qui refroidissait et se perdit un instant dans des souvenirs froids, confus, désespérés... Et puis la serveuse passa près de lui, soulevant un air chaud qui lui caressa la nuque et le ramena en sécurité, au Chaudron Baveur, loin de sa cage. Loin des Détraqueurs.
Il respira profondément par le nez et raccrocha la conversation.
- J'ai toujours cru que l'Elfe était responsable de la nourriture infecte, mais c'est peut être une histoire de compagnie, finalement...
Elle ne sembla pas accorder d'importance à sa réponse amère.
- Quand à tes interrogations vis à vis de mes déambulations entre le monde sorcier et moldu, je te rassure. Bien que cela ne m'aurait effectivement guère déranger de loger dans le Londres moldu, j'habite un jolie appartement sur le Chemin de Traverse. Mais j'apprécie manger une bonne assiette bien pleine dans ce lieux "à cheval entre les deux monde" selon tes termes.
Alors comme ça Penny s'était installée? Ce qu'était devenu sa cousine avait toujours été un sujet d'interrogations pour Arthur. En 1933 il avait été exclu de Poudlard après avoir violé le décret de restriction de la magie chez les sorciers de premier cycle pour la seconde fois en un an. Son expulsion avait rouvert de vieilles blessures gangrénées depuis longtemps et il avait eu des mots avec ses parents. Souvent, violemment, jusqu'à ce qu'il claque la porte et disparaisse dans l'Allée des Embrumes. Dès lors, ses contacts avec sa famille avaient été plus que minces et il avait fait son possible pour rester à l'écart. Une vraie autruche.
Il n'avait revu ses parents qu'en de rares occasions, dans un café, le temps d'une heure ou deux et au rythme de conversations tendues. C'est de cette manière qu'il avait appris le départ de Pénélope. Elle avait claqué la porte, déclaré son amour des moldus et conduisait à présent le Magicobus. Son père l'avait qualifiée de traitre à son sang mais la nouvelle avait trop sonné Arthur pour qu'il songe véritablement aux retombées sur sa famille... Il n'avait pensé qu'à Penny, le dos droit et la nuque raide. Penny, les yeux impitoyables et la langue acerbe. Penny qui, à Poudlard, avait été pour lui le corps et l'âme des Weiss. Intransigeante.
Penny traitre à son sang. Penny conductrice du Magicobus...
Il n'en était pas revenu.
Il ne l'en avait détestée qu'avec plus de vigueur.

Il n'y avait rien à dire. Elle l'avait roulé. Elle les avait tous roulés. Et lui...
- Je suis cependant surprise de te voir aussi proche du monde moldu. Et pourtant tu es là, dans cette auberge, habillé tel l'honorable héritier de l'illustre famille Weiss. Ma chère tante doit être heureuse de te voir enfin devenir ce pour quoi elle t'a toujours destinée.
Intérieurement, Griffith se félicita d'avoir ressorti ses vieilles robes. Mise à l'écart de la famille comme elle l'était, Pénélope ne pouvait pas connaître les détails de son retour. Elle ignorait qu'il n'avait revu ses parents que deux fois depuis sa sortie de prison, au cour de diners particulièrement longs durant lesquels les Elfes de Maison n'avaient même plus osé respirer tant l'air s'était épaissi de rancœur... La première fois, il n'avait rien dit, trop usé par l'emprisonnement. Trop blessé. Trop égaré surtout, l'esprit encore fragile, battant un brin la campagne. Il avait du mal à se concentrer sur la conversation, du mal à se concentrer sur son assiette. Parfois, il avait levé les yeux et regardé autour de lui, désorienté, avant de se souvenir où il était... Lors du deuxième diner, il s'était remis. Il était devenu Partisan de Grindelwald. Il avait tué un homme. Il avait juré, sombrement, d’œuvrer à la restauration de la gloire des Weiss...

Pénélope moquait sa garde robe démodée. Il faillit sourire. Si elle l'avait vu dans ses vêtements de tous les jours, qu'aurait-elle dit?
- C'est un plaisir de te savoir installée et à l'abri du besoin, chère cousine. Quelque part dans un manoir décrépit, ta mère brade ses bijoux et ton père désespère devant la liste des comptes... Mais à quoi bon faire perdurer les valeurs d'une vieille famille? Il suffit d'abandonner ses ancêtres à leur sort pour se bâtir une vie confortable, ailleurs. Il interrompit son discours le temps d'avaler une bouchée de haricots qui semblaient avoir perdu toute saveur. Tu devrais parler à ton frère, enchaîna-t-il; à quoi bon s'épuiser à la tâche pour s'occuper des anciens quand on peut les laisser crever dans la poussière? Tu devrais lui raconter comme la vie est belle quand on abandonne les siens. Comme tout est plus simple. Ça lui ferait du bien de ne penser qu'à lui, de temps en temps.
Il baissa la voix et cracha presque ses derniers mots;
- Et moi, ça me ferait des emmerdes en moins.
Il n'avait définitivement pas la maîtrise de sois de Pénélope, ni ses capacités d'actrice. Mais cela avait finalement assez peu d'importances, si des mots plus durs échappaient à ses lèvres. Ils n'étaient pas dupes. Et si un peu d'honnêteté devait transparaître dans cette conversation, elle ne pouvait le faire que sous cette forme agressive et rancunière. C'est tout ce qu'il y avait entre eux; de la rancœur.
- Je les ai revu, d'ailleurs, tes parents. Une seule fois. Pas plus de dix minutes. Son frère était là également, et Griffith s'était volatilisé à son approche... La situation reste tendue, et ils vieillissent tous les deux. Nul doute que l'aide financière que tu leur apporte les libère d'une lourde charge et passe un baume réconfortant sur leurs vieux jours~
Ce timbre de voix, ce parfum de condescendance... On aurait cru entendre son père...
Il se faisait vomir.
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